Par Gloire Balolage
La situation humanitaire demeure alarmante dans la province de l’Ituri, où de nouveaux déplacements massifs de populations ont été enregistrés ces dernières semaines. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), près de 100 000 personnes ont fui leurs villages dans le territoire de Djugu à la suite d’une recrudescence des violences armées. Cette nouvelle vague de déplacements vient alourdir une crise déjà profonde dans cette partie de l’est de la République démocratique du Congo.
OCHA confirme que plus de 8 900 ménages ont bénéficié d’articles ménagers essentiels et d’abris d’urgence dans les territoires d’Irumu et de Mambasa. Une assistance jugée indispensable face aux conditions de vie extrêmement difficiles dans lesquelles se trouvent les familles déplacées. En parallèle, plus de 25 600 personnes ont reçu une aide alimentaire dans les territoires de Mambasa et Djugu, dans le but de répondre aux besoins immédiats de survie.
Le territoire de Djugu est particulièrement touché depuis le 2 décembre, date à laquelle les violences ont connu une escalade notable. Les affrontements se poursuivent notamment dans les zones de santé de Fataki, Damas, Mangala, Bambu et Kilo. Les civils, y compris les personnes déjà déplacées, en subissent de lourdes conséquences.
Les autorités locales rapportent que plus de 39 civils ont été tués depuis le début du mois, dont au moins 15 dans les aires de santé de Bule et Salama, situées dans la zone de santé de Fataki. Outre les pertes en vies humaines, une quarantaine de blessés ont été recensés dans les zones affectées. Beaucoup d’entre eux peinent à accéder à des soins adaptés en raison des capacités limitées des structures sanitaires locales.
Dans l’aire de santé de Salama, la situation est particulièrement préoccupante. La structure locale, déjà fragile, reçoit désormais jusqu’à 100 patients par jour, un chiffre largement supérieur à sa capacité normale. Cette pression continue compromet la qualité des soins et met en danger la vie des personnes victimes des violences ou souffrant de maladies courantes.
OCHA souligne l’urgence de renforcer l’assistance dans l’ensemble du territoire de Djugu. L'organisation appelle à un soutien accru pour répondre aux besoins essentiels des milliers de déplacés et garantir un accès aux services de santé dans les zones les plus touchées. La persistance des affrontements laisse craindre de nouveaux déplacements et un alourdissement de la crise dans les jours et semaines à venir.