Par Prosper Buhuru
Le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru a lancé une alerte urgente sur la situation sécuritaire jugée « extrêmement alarmante » dans la localité de Bambo, en chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu.
Dans un communiqué parvenu à opinion-info.cd ce dimanche 1er février 2026, cette structure de jeunesse rapporte que, tôt dans la matinée de samedi, aux environs de 5 heures, des rebelles de la coalition M23-AFC ont parcouru les différentes localités de Bambo à l’aide de mégaphones, intimant à l’ensemble de la population, sans distinction d’âge ni de sexe, de se rendre obligatoirement à un meeting au rond-point de Bambo-Central. Selon la même source, des menaces de sanctions sévères ont été proférées à l’encontre de toute personne qui refuserait de participer, avec l’annonce de contrôles maison par maison.
Le Conseil territorial de la jeunesse affirme que plus de 15 000 personnes, en provenance de la localité et de l’agglomération de Bambo ainsi que de Bugina, dans le groupement de Tongo, ont été contraintes d’assister à ce rassemblement. Au cours de ce meeting, un officier du M23-AFC s’est adressé à la foule, demandant à toute personne soupçonnée d’avoir collaboré avec les Wazalendo, ainsi qu’aux femmes épouses de membres de ce groupe, de se présenter volontairement. Le communiqué fait état de menaces d’exécution immédiate à l’encontre de toute personne dénoncée.
Toujours selon cette alerte, des opérations de sélection forcée ont ensuite été menées, d’abord sur des femmes, puis sur des hommes et des jeunes, qui ont été séparés de la foule et conduits vers des positions militaires. Entre 16 heures et 17 heures, des véhicules de marque Fuso ont été utilisés pour transporter ces civils vers une destination non précisée. Le Conseil territorial de la jeunesse évoque des conditions de transport inhumaines, avec des personnes entassées dans les véhicules au point de ne plus pouvoir respirer.
La structure affirme disposer d’informations faisant état d’un recrutement forcé en vue d’une formation militaire. Les premières estimations avancées font état de plus de 1 000 personnes concernées, en majorité des jeunes, dont près de la moitié seraient des élèves. Des personnes âgées figureraient également parmi celles emmenées de force.
Le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru souligne que ces faits sont intervenus une dizaine de jours après la coupure du signal des réseaux de télécommunications dans les territoires de Rutshuru, Masisi et Walikale. Une situation qu’il estime avoir favorisé des opérations menées dans un contexte de silence informationnel.
Face à cette situation, le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru appelle la communauté internationale, notamment les Nations Unies, les États-Unis, l’Union africaine et la CIRGL, ainsi que les organisations nationales et internationales de défense des droits humains, à exiger la libération immédiate et sans condition des personnes concernées. Il interpelle également l’UNESCO, l’UNICEF et les organisations œuvrant dans le secteur de l’éducation pour demander le retour des élèves concernés, rappelant que la place de l’enfant est à l’école. La structure plaide enfin pour l’adoption de sanctions ciblées contre les auteurs présumés de ces actes et pour la mise en place urgente de mécanismes de protection des civils et d’assistance humanitaire dans les zones concernées, particulièrement dans la chefferie de Bwito.