Par Prosper Buhuru
La situation du choléra dans les établissements pénitentiaires congolais évolue de manière contrastée, entre accalmie à Kinshasa et persistance inquiétante au Kongo Central. Lors de la 85ᵉ réunion du Conseil des ministres, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a dressé un état des lieux centré sur ces milieux particulièrement vulnérables.
À Kinshasa, le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, communément appelé prison centrale de Makala, présente des signes encourageants. Les autorités sanitaires y ont enregistré plus de dix jours consécutifs sans nouveaux cas suspects ni hospitalisations, traduisant une maîtrise progressive de la situation après plusieurs semaines de tension sanitaire.
Cette évolution contraste, cependant avec la situation observée à la prison de Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo Central, où l’épidémie reste active. Au 1er avril 2026, un cumul de 148 cas suspects y a été recensé, dont 14 décès. Deux pavillons sur les onze que compte cet établissement sont déjà affectés, illustrant la rapidité de propagation de la maladie dans un environnement marqué par la promiscuité et des conditions sanitaires précaires.
Face à cette situation, des actions de riposte sont en cours, tandis que d’autres mesures sont envisagées pour contenir la progression de l’épidémie et éviter une extension à l’ensemble de la prison. Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité d’une vigilance accrue, notamment dans les lieux de privation de liberté où les risques de transmission sont amplifiés.
Dans ce contexte, les mesures restrictives prises antérieurement par le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, notamment la suspension temporaire des nouvelles admissions dans certaines prisons, s’inscrivent dans une stratégie de limitation des risques.