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Violences verbales en ligne : Clarisse Phola Tedika alerte sur un « mal silencieux » qui gangrène la société congolaise

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Clarisse Phola Tedika Secrétaire permanente provinciale du Corps des Assistants Sociaux
Clarisse Phola Tedika Secrétaire permanente provinciale du Corps des Assistants Sociaux

Par Serge Mavungu

Les injures, propos dégradants, diffamations et actes de cyberharcèlement prennent une ampleur préoccupante sur les réseaux sociaux en République démocratique du Congo. Pour Phola Tedika Clarisse, Secrétaire Permanente Provinciale du Corps des Assistants Sociaux (CASo) et experte en travail social, ces pratiques constituent une véritable atteinte à la dignité humaine et ne devraient plus être banalisées.

Dans une analyse consacrée aux violences verbales en ligne, Phola Tedika Clarisse estime que ce qui est souvent présenté comme un simple « clash » ou une querelle passagère peut avoir des conséquences profondes sur les personnes ciblées.

« Les réseaux sociaux congolais sont devenus, pour beaucoup, un espace de violence verbale banalisée », alerte-t-elle, soulignant que les victimes peuvent être des enfants, des jeunes comme des adultes.

Selon elle, plusieurs formes de violences se développent dans l’espace numérique. Elle cite notamment les injures publiques, la diffamation, le cyberharcèlement, les propos haineux ainsi que, plus largement, les atteintes à la dignité humaine.

Phola Tedika Clarisse explique que la diffamation intervient notamment lorsqu’un fait précis portant atteinte à l’honneur d’une personne lui est publiquement attribué, parfois sans preuve. Le cyberharcèlement, poursuit-elle, se manifeste par des attaques et humiliations répétées visant une même personne.

Des conséquences qui dépassent l’écran

Pour l’experte en travail social, ces violences ne doivent pas être réduites à de « simples mots ». Elles peuvent provoquer une détresse psychologique, l’isolement, une rupture du lien familial ou communautaire ainsi qu’une perte de confiance en soi.

Les enfants et les adolescents figurent parmi les personnes les plus exposées à ces conséquences, avec, dans les situations les plus graves, le risque de pensées suicidaires.

« La société congolaise ne peut plus regarder ce phénomène comme un problème mineur ou étranger à ses réalités quotidiennes », insiste Phola Tedika Clarisse.

Le rôle des assistants sociaux

Face à cette situation, le Corps des Assistants Sociaux estime avoir un rôle important à jouer dans l’accompagnement des victimes. Phola Tedika Clarisse rappelle que les assistants sociaux sont notamment appelés à détecter les signes de détresse, à écouter les personnes touchées sans jugement, à les orienter vers les structures compétentes et à les accompagner dans leur processus de reconstruction.

Cette intervention, souligne-t-elle, doit concerner aussi bien les enfants que les jeunes et les adultes victimes de violences en ligne.

Un appel à la responsabilité collective

Pour Phola Tedika Clarisse, la lutte contre les violences verbales en ligne ne peut toutefois reposer sur les seules victimes. Elle appelle à une mobilisation de l’ensemble de la société, notamment des familles, des plateformes numériques, de la justice et des professionnels du secteur social.

Elle plaide ainsi pour des familles davantage vigilantes et à l’écoute, des plateformes numériques plus responsables, une justice accessible aux victimes et un renforcement des capacités des professionnels du social afin de mieux répondre à ce phénomène.

« Il est temps que la société congolaise cesse de banaliser ces comportements inappropriés et violences verbales en ligne et les traite avec le sérieux qu’ils méritent », estime-t-elle, rappelant que « derrière chaque écran, il y a une personne, une dignité, et parfois une vie en danger ».

Mercredi 12 août 2026 - 20:47