Par Gloire Balolage
Le gouvernement congolais passe à l’offensive pour accélérer la mutation de son modèle économique. Mardi, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, s’est entretenu avec Hervé François Otschudi Omanga, représentant pays du géant du négoce Trafigura en République démocratique du Congo.
Au cœur de cette audience stratégique figure la mobilisation des capitaux privés vers des secteurs clés : le renforcement des capacités énergétiques, la modernisation logistique, le stockage massif ainsi que la valorisation industrielle sur le sol national. Par cette initiative, l’exécutif cherche à lever les goulets d’étranglement qui ralentissent la production nationale et perturbent l’approvisionnement des marchés.
Le choix de Trafigura comme partenaire stratégique s’inscrit dans une logique d’expertise globale.
Acteur mondial de premier plan, le groupe ne se limite pas au commerce des matières premières, mais déploie également un vaste réseau d’infrastructures dédiées au transport, à l’entreposage et à la distribution d’énergies. Déjà bien implantée en RDC dans la gestion des minerais stratégiques et des flux d’exportation, l’entreprise met à profit sa maîtrise des chaînes d’approvisionnement pour rapprocher les ressources congolaises des circuits commerciaux internationaux.
Ce corridor ferroviaire, élément central du désenclavement du Katanga minier, a permis de ramener le temps de transit terrestre à environ sept jours, offrant ainsi une alternative extrêmement performante aux voies d’évacuation traditionnelles.
Au-delà de l’évacuation des minerais, le développement des réseaux d’énergie et de stockage demeure la priorité absolue de Kinshasa.
Les carences structurelles en infrastructures de transport et d’électricité représentent aujourd’hui le principal frein à la compétitivité des entreprises locales. En s’appuyant sur le réseau mondial de terminaux et d’entrepôts de Trafigura, les autorités congolaises ambitionnent non seulement de sécuriser les approvisionnements et de réduire les coûts logistiques, mais aussi d’offrir un cadre propice à l’émergence d’un véritable tissu industriel et commercial autour de ces voies de communication.
Cette vision rejoint le plaidoyer constant du ministre Daniel Mukoko Samba en faveur de la création de valeur ajoutée. Lors du Katanga Business Meeting 2026, le patron de l’Économie nationale avait fermement réaffirmé sa volonté de sortir la RDC du schéma purement extractif pour l’orienter vers le traitement local des ressources. Ce changement de paradigme prend tout son sens dans le secteur du cobalt, où la simple exportation de minerai brut doit céder la place à une chaîne de transformation locale soutenue par des infrastructures énergétiques solides.