Par Serge Mavungu
Et si la paix en Afrique passait par la réhabilitation de ses prophètes ? C’est la conviction défendue, vendredi 17 avril 2026, à Kinshasa, lors d’une conférence organisée, à la Place royale, en face de l’hôtel du Gouvernement. L’événement a réuni des personnalités de divers horizons autour de l’héritage spirituel et politique de Ntumua Papa Simon Kimbangu.
Les échanges se sont articulés autour de la pensée kimbanguiste. L'ambassadeur itinérant, Dr Lohanga Konga Jospin a démontré comment la vision et la doctrine de Ntumua Papa Simon Kimbangu, nées dans la résistance à l’oppression coloniale, demeurent des outils d’actualité.
« Ntumua Papa Kimbangu n’a pas seulement prêché la foi, il a codifié une éthique de la résistance : non-violence, justice sociale, dignité des peuples noirs. C’est une doctrine de paix applicable aujourd’hui pour recoudre le tissu social congolais », a-t-il soutenu devant l’assistance.
Le message de Ntumua Papa Simon Kimbangu a ainsi été présenté comme une boussole pour la réconciliation en RDC, face aux crises actuelles.
La rencontre a également porté un enjeu de mémoire. Abazi Cédric a défendu la reconnaissance de Ntumua Simon Kimbangu comme patrimoine mondial. Son argumentaire a insisté sur la portée universelle du combat de Kimbangu, qui a pesé dans la décolonisation des esprits sur le continent et inspiré des mouvements d’émancipation. Dans cette logique, Nkamba, érigée en Ville Sainte et qualifiée de Nouvelle Jérusalem, a été présentée comme un lieu de mémoire à portée universelle.
Pour les intervenants, il y avait urgence à rétablir une vérité longtemps occultée. Pendant des siècles, ont-ils rappelé, l’image d’un Jésus de Rome a été utilisée comme instrument de conquête, d’aliénation et de domination. Ce visage imposé a servi à justifier des systèmes de pouvoir sanguinaires, à déposséder des peuples de leur histoire et à détruire des spiritualités authentiques. La Ville Sainte de Nkamba Nouvelle Jérusalem a été érigée en symbole de rupture : un centre spirituel alternatif, signe d’une Afrique qui revendique sa souveraineté spirituelle et renoue avec la profondeur de sa première civilisation.
Entre plaidoyer international, quête de paix et réappropriation historique, la conférence a voulu faire de Ntumua Papa Simon Kimbangu plus qu’une figure religieuse : un repère politique et culturel pour le présent.
Notons qu’un document de synthèse des travaux sera mis à disposition de la jeunesse, pour inspiration.