Par la Rédaction
« Il n’a pas qualité pour juger ou résoudre les conflits coutumiers ; son rôle est de constater et de maintenir l’ordre », a déclaré avec fermeté le député provincial Bikoy Mukongo Maurice, ce dimanche 19 avril 2026.
Depuis Beni, où il séjourne, l’élu de Walikale est sorti de son silence pour dénoncer la gestion controversée des différends coutumiers dans son territoire. Il pointe directement du doigt l’administrateur policier, le Colonel Ado Laurent Kasongo, qu’il accuse de manquer de neutralité dans plusieurs conflits opposant des chefs coutumiers.
Selon le député, l’attitude de l’autorité administrative ne fait qu’aggraver les tensions déjà vives dans cette partie du Nord-Kivu, secouée par une recrudescence de rivalités de pouvoir traditionnel depuis l’instauration de l’état de siège. Il évoque notamment des arrestations qu’il qualifie d’arbitraires, visant des chefs coutumiers engagés dans des démarches pacifiques pour faire valoir leurs droits ou chercher des solutions auprès des instances compétentes.
Pour Bikoy Mukongo, ces interventions constituent un dépassement de compétences, dans la mesure où l’administrateur policier ne devrait pas s’impliquer dans l’arbitrage des litiges coutumiers, mais plutôt se limiter à ses missions de maintien de l’ordre public.
Cette prise de position intervient dans un contexte particulier, marqué par la présence à Beni du Vice-ministre des Affaires coutumières, le Mwami Jean-Baptiste Ndeze Katurebe, en mission pour apaiser les tensions et proposer des solutions durables aux conflits coutumiers qui fragilisent la province.
Face à cette situation, le député appelle à une stricte neutralité de la délégation ministérielle. Il insiste sur la nécessité d’un traitement équitable de toutes les parties prenantes, afin d’éviter que l’état de siège ne soit détourné de son objectif initial et ne devienne un instrument d’injustice dans la gestion des affaires coutumières.