Par Gloire Balolage
Dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, l’alerte est désormais maximale face à une situation qui plonge des dizaines de milliers de personnes dans une détresse profonde. Entre déplacements massifs, insécurité persistante et manque d’assistance, la vie quotidienne de plus de 80 000 déplacés est devenue une lutte permanente pour la survie.
Depuis le début de l’année, ces populations ont été contraintes de fuir les violences attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Ces incursions répétées ont provoqué un exode massif, laissant derrière eux des villages entiers vidés de leurs habitants et une région profondément désorganisée.
Plusieurs localités ont été particulièrement touchées par ces déplacements forcés. Il s’agit notamment de Babesua, de Muchacha, de Bafwakoa, de Salate, de Tepe, d’Itembo et de Badengaido, aujourd’hui presque totalement désertées, illustrant l’ampleur de la crise sécuritaire dans cette partie de l’Ituri.
Les déplacés se concentrent principalement à Mambasa-Centre et à Niania, où ils sont accueillis tant bien que mal par des familles hôtes. Mais sur le terrain, les conditions de vie restent extrêmement difficiles, marquées par la promiscuité, le manque de nourriture et l’absence de prise en charge adéquate.
La situation économique aggrave encore la vulnérabilité de ces communautés. La présence continue des éléments ADF dans les zones périphériques empêche l’accès aux champs, privant aussi bien les déplacés que les habitants locaux de leurs activités agricoles, essentielles à leur survie quotidienne.
Face à cette réalité, la réponse humanitaire reste largement insuffisante. Selon la société civile, près de trois quarts des personnes déplacées n’ont reçu aucune assistance. Seuls environ 750 ménages ont bénéficié d’une aide financière d’urgence, apportée par l’ONG Caritas, avec quelques soutiens isolés de la solidarité locale.
Devant cette situation, Marie-Noëlle Anotane, membre de la société civile du Congo, tire la sonnette d’alarme et appelle à une action urgente. Elle exhorte les autorités et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à renforcer les opérations militaires contre les ADF et à sécuriser les zones afin de permettre le retour des populations dans leurs villages d’origine.