Par Don Benjamin Makolo
L’abbé Blaise Kanda a publié, lundi, sur son compte Facebook un texte en 21 points dans lequel il exprime une vive critique de la posture qu’il attribue à certains responsables de l’Église catholique en République démocratique du Congo face à la guerre qui secoue l’est du pays.
Dans cette publication au ton incisif, le prêtre affirme que l’Église devrait se tenir « du côté des victimes », « des démunis », « des pauvres Congolais » et « des vrais paumés », plutôt que d’adopter, selon lui, une attitude qu’il juge conciliante envers les auteurs de l’agression contre la RDC.
Sans les citer dans son texte en 21 points, l’abbé Blaise Kanda vise, dans le commentaire accompagnant sa publication, le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo - CENCO, Mgr Donatien Nshole, ainsi que le président de cette institution, Mgr Fulgence Muteba. Il leur reproche ce qu’il présente comme une posture d’opposition politique au gouvernement congolais, tout en les accusant de faire preuve de davantage de compréhension envers la rébellion du M23 et les autorités rwandaises.
Au fil de son texte, l’auteur soutient notamment que « l’Église ne devrait pas confondre agressé et agresseur », qu’elle ne peut « se taire face à cette guerre injuste » et qu’elle devrait pleurer « le peuple qui tombe chaque jour sous les bombes ». Il estime également que, malgré les différents rapports des Nations unies sur la crise dans l’est de la RDC, l’Église demeure, selon lui, « sous la retenue » vis-à-vis du Rwanda.
L’abbé Blaise Kanda affirme en outre que « lorsque le pays est en danger, des lignes doivent bouger » et critique ce qu’il considère comme une différence de traitement entre les autorités congolaises et les acteurs qu’il accuse d’être impliqués dans l’agression de la RDC. Il écrit notamment que l’Église serait, selon lui, « aimable avec l’ennemi » mais « implacable face au gouvernement ».
Dans son réquisitoire, le prêtre rend également hommage aux archevêques Christophe Munzihirwa et Emmanuel Kataliko, figures emblématiques de l’Église catholique congolaise, estimant qu’ils « doivent se retourner dans leurs tombes » au regard de la situation actuelle.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les déclarations de plusieurs responsables religieux sur la crise sécuritaire dans l’est de la RDC continuent de susciter un débat nourri au sein de l’opinion publique.
Les critiques formulées dans cette publication relèvent de la seule appréciation de l’abbé Blaise Kanda. Les responsables de la CENCO ont, à plusieurs reprises, affirmé agir dans une démarche de recherche de la paix, du dialogue et de la réconciliation, tout en exprimant leurs préoccupations face à la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est du pays.