Par Rombaut Kasongo, Journaliste indépendant
Où est passé le grand AS V.Club, vainqueur de la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1973 face à l’Ashanti Kotoko de Kumasi, et finaliste de la Ligue des champions et de la Coupe de la CAF en 2014 et 2017 ?
Pourquoi l’AS V.Club ne fait-elle plus peur ? Aujourd’hui, n’importe quelle équipe, même issue de 4ème ou 5ème division, peut mettre à terre le club vert et noir.
La preuve: l’équipe vient d’être éliminée en phase finale de la Coupe du Congo par les Élites, une formation évoluant à l’Entente de la Tshangu, à Kinshasa. La même équipe avait déjà réalisé cet exploit la saison passée contre les Dauphins Noirs de la capitale, dans la même compétition.
Comme la saison dernière, l’AS V.Club, 4ème à l’issue du play-off de la Linafoot, ne prendra pas part aux compétitions africaines interclubs. Depuis cette élimination en Coupe du Congo, une crise larvée couve au sein de la famille vert et noir.
Dans les milieux véclubiens, le débat porte sur le mode de gestion du club. Certains dénoncent la volonté des membres du Conseil Suprême de s’immiscer dans la gestion quotidienne. D’autres accusent les membres de la Coordination de faire preuve d’un manque de management.
En tant que journaliste et observateur, je constate que depuis le départ du Général Amisi Kumba, dit "Tango Four", l’AS V.Club est dirigée par des présidents qui n’ont pas été choisis pour leur projet, mais parachutés. Sans vision claire, ni plan précis, ils sont le produit de recommandations et remplissent des rôles qui ne font pas avancer l’équipe.
Lorsque le Général Amisi Kumba a pris la direction de V.Club, animé par la volonté de réécrire les belles pages du club de Kibonge Mafu, Mayanga Maku et autres, il n’avait pas lésiné sur les moyens pour bâtir une équipe compétitive.
Mme Bestine Kazadi, qui lui a succédé, est "tombée" à ce poste, poussée par des personnes qui avaient manifestement l’intention de mettre la main sur le club. Selon plusieurs sources, ce sont des membres du Conseil Suprême qui l’auraient incitée à prendre la direction de l’équipe. Quant à Amadou Diaby, il a été propulsé à la tête de V.Club par les dirigeants de Milvest, une entreprise turque partenaire du club vert et noir.
L’actuel président, Flory Mapamboli, ancien vice-président de la Coordination sous Mme Bestine Kazadi et Amadou Diaby, a repris la direction pour terminer les mandats de ses deux prédécesseurs.
Certes, il a tout fait pour ramener l’équipe en Afrique, mais certains paramètres ne lui ont pas permis d’accomplir sa mission. Comme souvent, il a dû faire face aux conflits entre clans.
La saison s’achève sans titre. Les "Bana Mbongo" devraient se réunir autour d’une même table pour poser un diagnostic franc des maux qui rongent le club le plus populaire de la RDC.
Curieusement, il nous revient que certains membres du club démarchent des hommes politiques pour leur proposer de prendre la direction de l’AS V.Club.
La démarche de ces "chasseurs" de présidents semble claire: confier l’équipe au plus offrant, quelles que soient ses motivations sportives.
Créée en 1936 et forte de près de 5 millions de supporters, au bas mot, l’AS V.Club ne devrait pas donner l’image d’un club démuni. C’est ici que les supporters doivent se sentir interpellés. S’ils ne veulent pas voir leur club tomber entre les mains de "mercenaires", ils doivent décider de le soutenir financièrement. Avec seulement un dollar par supporter, V.Club pourrait survivre. C’est ainsi qu’ils reprendront leur véritable pouvoir sur leur équipe. Sinon, ils n’auront que leurs yeux pour constater la disparition progressive de leur club.