Par Denise Kyalwahi
La cérémonie de collation des grades organisée ce vendredi 14 août 2026 à l’Université Officielle de Semuliki (UOS), à Beni, a été marquée par un geste particulier. Au milieu des célébrations, Premiss Batita, journaliste environnementale à Radio Télévision Rwanzururu et correspondante de Naturelcd.net, a choisi de consacrer son moment de reconnaissance académique à une cause qui lui tient à cœur : la sauvegarde des rivières de Beni.
Fraîchement diplômée, elle est apparue avec une pancarte portant un message fort : « Tuha, Biatu, Munyambelu, Kilolowa… toutes nos rivières méritent mieux, pas la pollution ! »
À travers cette initiative symbolique, Premiss Batita entendait attirer l’attention sur l’état préoccupant de plusieurs cours d’eau qui jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne des populations de Beni.
Les rivières Tuha, Biatu, Munyambelu et Kilolowa constituent en effet des ressources importantes pour les communautés riveraines. Elles sont utilisées pour différents besoins domestiques et agricoles et représentent également des espaces liés aux activités économiques et à la vie sociale des habitants.
Mais ces cours d’eau font face à une pression croissante. L’accumulation des déchets ménagers et plastiques, leur déversement dans les rivières ainsi que les insuffisances dans la gestion des ordures contribuent à la dégradation de ces ressources hydriques.
Pour la jeune journaliste, il est désormais nécessaire de passer du simple constat à l’action. Elle encourage notamment les habitants à éviter de jeter les déchets dans les cours d’eau, à participer régulièrement aux opérations communautaires de nettoyage des berges et à sensibiliser leur entourage sur les conséquences sanitaires et environnementales de la pollution de l’eau.
Premiss Batita appelle également à une mobilisation collective. Les autorités publiques sont invitées à renforcer l’application des mesures relatives à la gestion des déchets et à la protection des espaces riverains.
Les organisations environnementales, de leur côté, peuvent contribuer au suivi de l’état des cours d’eau, à la sensibilisation des communautés et au plaidoyer en faveur d’une meilleure gouvernance des ressources naturelles.
La jeune génération et les organisations de la société civile sont, elles aussi, appelées à jouer un rôle actif dans la promotion de comportements favorables à la protection de l’environnement.
Pour Premiss Batita, l’obtention d’un diplôme ne doit pas seulement représenter l’aboutissement d’un parcours universitaire. Elle doit également constituer une occasion de mettre les connaissances acquises au service de la communauté.
Son choix de porter ce message lors d’une cérémonie universitaire a ainsi permis de toucher un public composé notamment d’étudiants, d’enseignants, de responsables et de professionnels des médias.
En faisant de sa graduation une tribune en faveur de l’environnement, la jeune journaliste rappelle que le militantisme écologique peut prendre différentes formes et commencer par des initiatives simples au niveau local.
La protection des rivières Tuha, Biatu, Munyambelu et Kilolowa apparaît ainsi comme un enjeu qui dépasse la seule question environnementale. Elle concerne également la santé publique, les moyens de subsistance, l’agriculture et le bien-être des populations.
Le défi est désormais de transformer ce plaidoyer en actions concrètes et durables afin que les cours d’eau de Beni cessent progressivement d’être des réceptacles de déchets et retrouvent leur rôle essentiel au service des communautés.