Véhicules en infraction : Kinshasa passe à la traque, avec immobilisation et mise en fourrière dès le 15 octobre

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Aperçu du trafic au boulevard du 30 juin à Kinshasa
Aperçu du trafic au boulevard du 30 juin à Kinshasa

Par Patrick Kitoko

Dès le 15 octobre, les véhicules en infraction pourront être immobilisés et mis en fourrière à Kinshasa.

À Kinshasa, le gouvernement provincial veut durcir le ton face aux véhicules qui circulent sans contrôle technique valide ou avec des documents administratifs irréguliers. Le ministre provincial des Transports, Jésus-Noël Sheke Wa Domene, annonce un contrôle systématique sur l’ensemble des voies publiques de la capitale à partir du 15 octobre.

Selon cette mesure, les véhicules dépourvus de certificat de contrôle technique valide, présentant des défaillances techniques ou ne disposant pas des documents exigés seront exposés à des sanctions. Les engins en infraction pourront être immobilisés immédiatement, voire conduits en fourrière aux frais de leurs propriétaires.

Le dispositif vise également les centres de contrôle technique. Le ministre met en garde les établissements qui délivreraient frauduleusement des certificats de conformité. Ceux-ci s’exposent notamment à la fermeture, au retrait de leur agrément ainsi qu’à des poursuites judiciaires.

Les automobilistes sont ainsi invités à régulariser leur situation avant l’entrée en vigueur de ces mesures.

Au-delà du contrôle, la question de l’efficacité

Cette nouvelle campagne intervient toutefois dans un contexte où Kinshasa a déjà connu plusieurs opérations destinées à assainir la circulation, à lutter contre les véhicules non conformes et à améliorer la mobilité urbaine. Contrôles routiers, identification des véhicules, lutte contre les stationnements anarchiques, réorganisation de certains axes ou encore opérations de régulation de la circulation ont régulièrement été annoncés.

Mais une interrogation demeure : pourquoi les mêmes problèmes réapparaissent-ils après chaque campagne ?

« Le véritable enjeu ne réside donc pas uniquement dans le lancement d’une nouvelle opération de contrôle, mais dans sa continuité et son application effective », déclare Albert Mazita, chauffeur, qui répondait aux questions d’Opinion-Infos.cd. Il ajoute : « Une campagne peut produire des résultats immédiats si les véhicules sont contrôlés et sanctionnés. Mais si les contrôles s’interrompent quelques semaines ou quelques mois plus tard, les mauvaises pratiques risquent de reprendre. »

La question de la régularité du contrôle technique est également centrale. Si des véhicules présentant des défaillances peuvent malgré tout obtenir des certificats de conformité, c’est toute la crédibilité du système qui se trouve fragilisée. La menace de fermeture et de poursuites contre les centres qui délivreraient frauduleusement des certificats constitue donc un volet important du dispositif.

Une opération qui devra dépasser l’effet d’annonce

Pour produire des résultats durables, le contrôle annoncé à partir du 15 octobre devra notamment s’appuyer sur des contrôles réguliers, transparents et identifiables, mais aussi sur un suivi des véhicules immobilisés et mis en fourrière.

« Il faudra également savoir combien de véhicules sont contrôlés, combien sont déclarés non conformes, combien sont immobilisés et combien régularisent effectivement leur situation », insiste Désiré Malombo, usager de la route. Pour lui, ces indicateurs permettraient de « mesurer l’efficacité de la politique au-delà des opérations ponctuelles ».

Car à Kinshasa, la mobilité ne dépend pas seulement de l’état des véhicules. Elle est aussi liée à l’état des routes, au stationnement, au comportement des conducteurs, à l’occupation des emprises publiques, à l’organisation du transport en commun et à l’application des règles de circulation.

Le 15 octobre pourrait donc constituer un nouveau test pour les autorités provinciales : passer d’une succession de campagnes de contrôle à un système permanent de régulation de la mobilité. La réussite de cette initiative se mesurera moins au nombre de véhicules immobilisés dans les premiers jours qu’à la capacité des autorités à maintenir durablement la conformité du parc automobile sur les routes de Kinshasa.

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Mardi 6 octobre 2026 - 10:52