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Drame de N'Sele : 29 ans après, les familles des victimes de la noyade collective réclament vérité et reconnaissance

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Vue du grand bâtiment de domaine présidentiel de la Nsele à Kinshasa
Vue du grand bâtiment de domaine présidentiel de la Nsele à Kinshasa

Par Patrick Kitoko

Une journée de détente vire au drame. Des milliers de jeunes venus participer à une excursion dans la cité de la N'Sele, à une soixantaine de kilomètres à l'est de Kinshasa, se retrouvent pris dans un mouvement de panique autour de la piscine du site. En quelques instants, plusieurs jeunes perdent la vie par noyade.

Vingt-neuf ans plus tard, le souvenir de cette tragédie reste douloureux pour les familles des victimes, qui continuent de chercher des réponses sur les circonstances exactes de la mort de leurs proches et souhaitent que ce drame soit officiellement reconnu.

Une excursion qui tourne au cauchemar

Ce dimanche 31 août 1997, entre 2 000 et 3 000 jeunes auraient participé à une excursion à la N'Sele. Selon une dépêche de l'AFP publiée par _Le Monde_ le 2 septembre 1997, le drame s'est produit lorsque des éléments de l'armée sont intervenus autour de la piscine. Des tirs auraient provoqué un mouvement de panique parmi les jeunes présents. Pris de peur, plusieurs participants se seraient précipités vers la piscine. Le mouvement de foule aurait alors entraîné plusieurs noyades. Le bilan communiqué dans les premières heures faisait état de 16 à 20 enfants morts. D'autres informations diffusées à l'époque ont cependant fait état d'un bilan plus lourd. Cette divergence sur le nombre exact de victimes demeure l'un des éléments qui alimentent, encore aujourd'hui, les interrogations autour de cette tragédie.

Que s'est-il réellement passé ?

Près de trois décennies plus tard, les circonstances précises du drame restent difficiles à établir avec certitude. Les récits de l'époque ne sont pas totalement concordants sur ce qui aurait provoqué l'intervention des militaires et le mouvement de panique. L'un des récits évoquait une altercation entre des jeunes autour de la piscine. Ce qui apparaît de manière constante dans les différentes sources, c'est qu'une intervention militaire et des tirs ont précédé le mouvement de panique qui s'est soldé par plusieurs noyades.

Dans cette tragédie, les victimes étaient pour la plupart des jeunes de moins de 25 ans venus simplement passer une journée de détente qui marquait la fin des vacances.

29 ans de silence et de questions

Aujourd'hui, les familles veulent sortir cette tragédie de l'oubli. Pour elles, le temps écoulé ne doit pas signifier la disparition du souvenir. Elles souhaitent notamment connaître le nombre exact de victimes, leurs identités, les circonstances précises de leur mort et les éventuelles responsabilités dans cette catastrophe. Elles réclament également que la mémoire des disparus soit reconnue publiquement et que leurs proches puissent enfin obtenir une forme de reconnaissance officielle. Car derrière les chiffres - 16, 20, voire davantage selon les récits de l'époque - se trouvent des visages, des familles et des destins brisés.

Une mémoire qui refuse de disparaître

Le drame de la N'Sele appartient à une période particulièrement tourmentée de l'histoire congolaise. Quelques mois seulement après la chute du régime de Mobutu et l'arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila, le pays traversait une profonde période de bouleversements. Dans ce contexte, la tragédie de la piscine de la N'Sele a rapidement été éclipsée par les événements politiques et militaires qui secouaient le pays.

Mais pour les familles, 29 ans ne suffisent pas à effacer une perte. Elles veulent aujourd'hui que la lumière soit faite sur ce qui s'est réellement passé ce 31 août 1997. Elles demandent que les archives soient consultées, que les témoignages soient recueillis et que les victimes soient officiellement identifiées et honorées.

29 ans après, la question demeure : qui étaient exactement ces jeunes disparus dans la piscine de la N'Sele et pourquoi leurs familles n'ont-elles jamais obtenu toutes les réponses ?

La quête de vérité reste ouverte.

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Lundi 31 août 2026 - 09:29