Par Prosper Buhuru
La crise de gouvernance qui secoue plusieurs établissements d’enseignement supérieur à Goma et Bukavu entraîne une nouvelle mesure administrative. La Sous-Conférence provinciale des chefs d’établissement de l’ESU du Nord-Kivu a lancé l’identification des personnels non encore mécanisés des institutions concernées, après la suspension de leurs activités académiques.
À l’origine de cette suspension figure l’installation de nouveaux comités de gestion par l’AFC/M23 dans certains établissements. Ces comités, mis en place dans les institutions sous contrôle de ce mouvement rebelle, ne sont pas reconnus par les autorités congolaises basées à Kinshasa.
Dans son communiqué signé à Beni par son président, le Professeur Ordinaire Dr. Muhindo Mughanda, la Sous-Conférence demande ainsi aux personnels concernés de se faire identifier auprès des autorités légales de leurs établissements d’origine.
L’opération vise les personnels académiques, scientifiques, administratifs et techniques encore en attente de mécanisation. Leur situation sera examinée avant la transmission des dossiers au niveau central, avec l’objectif d’accélérer leur prise en charge financière.
Une condition est toutefois posée : les agents concernés doivent être exempts de tout lien, direct ou indirect, avec la rébellion. La procédure prévoit donc également une vérification de leur loyauté envers la République.
Cette démarche intervient dans un contexte particulier où la rupture entre les structures de gestion imposées dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 et les autorités éducatives reconnues par Kinshasa complique le fonctionnement normal des établissements concernés.
La Sous-Conférence provinciale appelle dès lors les chefs d’établissement à centraliser rapidement les informations relatives aux personnels concernés, avec rigueur et vigilance.
Au-delà de la question de la mécanisation, la mesure apparaît ainsi comme un moyen de maintenir le lien administratif entre l’État congolais et les agents des établissements universitaires affectés par la crise, malgré la suspension des activités et la mise en place de structures de gestion que Kinshasa ne reconnaît pas.