Par Stella Ungaro
Les opérateurs du secteur des télécommunications et Internet en RDC sont mis à rude épreuve depuis la publication, le 24 mars dernier au Journal officiel, du Décret du premier ministre n°22/11 du 9 mars 2022 consacrant l'instauration, par le gouvernement, de nouvelles taxes applicables dans ledit secteur.
Ce décret porte sur les modalités de calcul et les taux des revenus des prestations de l'ARTPC, Autorité de Régulation du secteur des Télécommunications.
Réagissant à cette situation, le n°1 de la Fédération des entreprises du Congo, (FEC) Kimona Bononge a dit son regret, fustigeant le fait que cette mesure vient alourdir la pression fiscale dans le secteur des télécommunications. De son avis, le Décret du PM va à l'encontre de la vision du Chef de l'État qui prône la croissance du numérique et l'inclusion digitale, et limite, en même temps, l'attractivité et l'expansion d'un secteur crucial au développement économique et social de la RDC.
Ainsi, dans son communiqué de presse du 1er avril 2022, la FEC prévient de l'incidence négative de ces nouvelles taxes sur les prix des services offerts (appels, SMS, et Internet) par les opérateurs et cela en vertu de la règle tarifaire de vérité des prix consacrée par la législation.
"Cette répercussion touchera de plein fouet le pouvoir d'achat des consommateurs au moment où tous les opérateurs de téléphonie et fournisseurs d'accès Internet consentent d'énormes efforts commerciaux pour contenir les effets des tensions inflationnistes liés à la pandémie Covid-19 et à la guerre Russo-Ukrainienne", prévient le patron des patrons.
A cet effet, la FEC rappelle, non sans insistance, au gouvernement, la nécessité de maintenir un environnement légal, réglementaire et fiscal favorable à la croissance économique du pays et au bien-être des congolais.
Toutefois, le communiqué de la FEC précise que ces frais portent sur les prestations liées à la veille sur la qualité des services rendus aux usagers du service public, le contrôle de la protection des données à caractère personnel et du trafic entrant/sortant ainsi que le contrôle technique des équipements du secteur des télécommunications. "En conséquence, lesdits frais seront axés sur la consommation de certains services de télécommunications, à savoir les appels, les SMS et Internet (Méga) des consommateurs en RDC", ajoute-t-elle.