Par Gloire Balolage
La République démocratique du Congo (RDC) affiche des performances remarquables dans la mobilisation de ses recettes budgétaires pour l’année 2025, a déclaré lundi le ministre des Finances, Doudou Fwamba, lors d’un point de presse tenu à Kinshasa. Selon lui, les régies financières ont réalisé 95% des assignations prévues, mettant fin aux rumeurs faisant état d’une perte des recettes suite à l’appréciation du franc congolais.
Le ministre a souligné que l’objectif de 27 000 milliards de francs congolais en assignations budgétaires a été largement respecté par les services compétents. Lors des échanges avec le Fonds monétaire international (FMI), il a même précisé que le taux de réalisation budgétaire a atteint un niveau proche de la perfection, évalué à 100,1%.
Cette réussite est en grande partie attribuée à la politique menée par le gouvernement, notamment la suppression des subventions sur les prix des produits pétroliers pour le secteur minier. Cette décision a permis de faire passer les recettes liées aux taxes pétrolières de 4 milliards à 70 milliards de francs congolais par mois, a expliqué le ministre.
Concernant la deuxième revue validée avec le FMI, Doudou Fwamba a indiqué que plus de 85% des objectifs fixés ont été atteints. Cette performance a débloqué des financements importants dans le cadre des programmes de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). À ce titre, 312 millions de dollars américains seront affectés à l’appui budgétaire de la RDC.
Le représentant résident du FMI a encouragé la RDC à poursuivre ses efforts, notamment en matière de digitalisation des circuits de collecte des recettes fiscales. L’objectif est ambitieux : augmenter la part des recettes dans le produit intérieur brut (PIB) de 11-12% actuellement à 20%, pour renforcer la résilience économique du pays.
Sur le front macroéconomique, le ministre des Finances s’est réjoui de la maîtrise de l’inflation, qui devrait rester inférieure à 2% à la fin de l’année. Cette stabilité est soutenue par une réserve de change confortable de 7,4 milliards de dollars, équivalant à trois mois d7,4 milliards de dollars, contre seulement deux semaines auparavant.
Toutefois, Doudou Fwamba a insisté sur la nécessité de diversifier l’économie congolaise afin de réduire sa vulnérabilité aux chocs externes liés à sa forte dépendance au secteur minier. « La croissance économique hors mines est en train de reprendre la supériorité », a-t-il souligné.
De son côté, André Wameso, gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), a mis en avant les effets positifs de l’appréciation du franc congolais. Cette évolution favorable contribue à stabiliser le taux d’inflation et profite particulièrement aux salariés rémunérés en monnaie nationale.