Par Patrick Kitoko
La Banque mondiale a lancé un ambitieux programme régional destiné à renforcer les compétences des jeunes et à stimuler la création d’emplois en Afrique de l’Est et australe. La République Démocratique du Congo figure parmi les pays bénéficiaires de cette initiative qui vise à améliorer la formation de 18 millions de jeunes d’ici 2034.
Selon un communiqué publié sur le site de l’institution financière internationale, ce programme baptisé « Des compétences pour la transformation économique et l’emploi » (SET4Jobs) bénéficie d’un financement de 972 millions de dollars. Les fonds sont mobilisés par l’IDA -Association internationale de développement-, la branche de la Banque mondiale dédiée au soutien des pays à faible revenu.
Le programme s’étendra sur une période de huit ans et vise principalement à adapter les systèmes de formation aux réalités du marché du travail. L’objectif est également de favoriser une création massive d’emplois dans les économies de la région.
Pour la RDC, dont la population est majoritairement jeune, cette initiative représente une opportunité stratégique pour renforcer les compétences professionnelles et améliorer l’insertion des jeunes dans le marché de l’emploi.
La Banque mondiale souligne qu’en Afrique de l’Est et australe, environ 8 millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail, mais moins d’un million parviennent à obtenir un emploi salarié. La situation est encore plus préoccupante pour les jeunes sans activité : près de 6,5 millions d’entre eux, dont 3,6 millions de femmes, ne sont ni en emploi, ni en formation, ni aux études.
Pour répondre à ces défis, le programme SET4Jobs prévoit des investissements ciblés dans plusieurs chaînes de valeur considérées comme stratégiques pour la création d’emplois. Il s’agit notamment de : l’agroalimentaire, l’énergie, la santé, le tourisme et l’industrie manufacturière.
“ Le programme SET4Jobs est un investissement transformateur dans la plus grande richesse de l’Afrique : sa jeunesse ”, a déclaré Ndiamé Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Est et australe. Selon lui, la collaboration avec le secteur privé permettra d’adapter les formations aux besoins réels des économies nationales.
Outre la RDC, plusieurs autres pays participent à cette initiative régionale : les Comores, Madagascar, le Mozambique, Sao Tomé‑et‑Principe, la Tanzanie et la Zambie. D’autres États pourraient rejoindre le programme lors de prochaines phases.
La coordination régionale sera assurée par l'IUCEA -Conseil interuniversitaire pour l’Afrique de l’Est-, qui collaborera avec les gouvernements participants pour renforcer l’enseignement supérieur, la recherche et les programmes d’incubation dédiés à l’entrepreneuriat.
Le projet prévoit également la création d’une plateforme régionale de partage de connaissances afin de faciliter l’échange d’expériences entre les pays. Par ailleurs, l’initiative mobilisera l’expertise de la IFC -Société financière internationale- pour attirer davantage de financements provenant du secteur privé.
À travers ce programme, la Banque mondiale entend ainsi soutenir le développement des compétences et l’employabilité des jeunes, un enjeu majeur pour la croissance économique et la stabilité sociale dans la région.