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Sanctions américaines contre le Rwanda : Human Rights Watch appelle à une pression internationale coordonnée sur le dossier du M23-AFC 

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Des soldats rwandais [photo d'illustration]
Des soldats rwandais [photo d'illustration]

Par Prosper Buhuru

L’organisation internationale Human Rights Watch a estimé que les sanctions décidées par les États-Unis contre l’Armée rwandaise et quatre de ses hauts responsables constituent un tournant dans le traitement diplomatique de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.

D’après l’ONG, la mesure américaine dépasse le registre symbolique. Elle traduit une volonté politique de contraindre les acteurs concernés à respecter les engagements souscrits lors des accords conclus à Washington en décembre 2025. Pour Nicole Widdersheim, directrice adjointe du bureau de l’organisation à Washington, ces sanctions s’inscrivent dans une logique de mise en œuvre effective du processus de paix et non dans une simple posture de condamnation.

Human Rights Watch soutient que la progression territoriale des rebelles du M23-AFC dans l’est congolais n’aurait pas été possible sans un appui opérationnel extérieur. L’organisation affirme que Kigali devrait mettre un terme définitif à tout soutien aux combattants impliqués dans ces opérations.

Dans son analyse, l’ONG rappelle que les rebelles du M23-AFC sont accusés de graves atteintes au droit international humanitaire : exécutions sommaires, violences sexuelles, déplacements forcés de civils, bombardements indiscriminés et enrôlement forcé, y compris de mineurs. Elle souligne que ces violations se sont intensifiées lors de l’occupation, en 2025, de plusieurs zones stratégiques de l’est du pays, notamment les villes de Goma, Bukavu et Uvira, ainsi que de sites miniers à forte valeur économique.

Selon des sources onusiennes et sécuritaires citées par l’organisation, des milliers de militaires rwandais ont traversé la frontière congolaise pour appuyer les offensives, en particulier lors des opérations ayant conduit à la prise d’Uvira en décembre 2025.

Pour rappel, les sanctions américaines impliquent le gel des avoirs détenus aux États-Unis par les personnes visées et l’interdiction de toute transaction avec des ressortissants ou institutions américaines. Human Rights Watch avertit que ces dispositions pourraient également affecter des partenaires internationaux travaillant avec l’Armée rwandaise.

L’ONG rappelle que Washington avait déjà ciblé, en février 2025, le général James Kabarebe, conseiller du Président rwandais pour les questions de défense et de sécurité. Elle note aussi que l’Union européenne avait pris des mesures restrictives contre certains responsables du M23-AFC et des autorités rwandaises.

Au-delà de la décision américaine, Human Rights Watch plaide pour une réponse internationale plus cohérente et coordonnée. Elle invite notamment les Gouvernements européens, le Royaume-Uni et les États de la région à envisager des sanctions ciblées contre les responsables des exactions et toute entité susceptible de les faciliter.

Pour l’organisation, l’approche adoptée jusqu’ici par la communauté internationale n’a pas permis d’enrayer efficacement les abus commis dans l’est de la RDC. Elle estime qu’une pression multilatérale soutenue, combinée à des mécanismes de reddition des comptes, demeure indispensable pour assurer la protection des civils et faire répondre les auteurs présumés de crimes graves.

En définitive, Human Rights Watch considère que seule une action concertée, ferme et juridiquement assumée des partenaires internationaux pourra consolider le processus de paix et restaurer le respect du droit international dans la région.

Mercredi 4 mars 2026 - 13:27