Crise sécuritaire dans l’Est de la RDC : Washington convoque Kigali et Kinshasa pour sauver les accords de paix fragilisés

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Le président américain Donald Trump auxau milieu de ses homologues Félix Tshisekedi et Paul Kagame [photo d’illustration].
Le président américain Donald Trump auxau milieu de ses homologues Félix Tshisekedi et Paul Kagame [photo d’illustration].

Par la Rédaction

L’administration de Donald Trump a pris l’initiative de réunir les autorités du Rwanda et de la République démocratique du Congo, afin d’engager des discussions directes autour des accords de paix jugés défaillants dans l’est congolais. Cette démarche intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences dans la région, malgré plusieurs initiatives diplomatiques visant à apaiser les tensions.

Selon plusieurs sources proches du dossier citées par The Africa Report, des responsables rwandais et congolais sont attendus à Washington vers la fin de la semaine. Les échanges devraient se tenir au Département d’État des États-Unis sous la forme d’entretiens bilatéraux et trilatéraux entre les différentes parties impliquées dans la crise.

Cette rencontre marquera la première discussion officielle entre Kigali et Kinshasa depuis l’annonce, le 2 mars dernier, des sanctions américaines visant les Forces de Défense Rwandaises (RDF) ainsi que quatre hauts responsables militaires du pays. Ces mesures avaient été prises par le Département du Trésor des États-Unis dans un contexte de tensions croissantes autour du conflit dans l’est de la RDC.

Aucune confirmation officielle n’a encore été donnée sur la composition exacte des délégations attendues. Toutefois, plusieurs noms circulent déjà parmi les participants potentiels. Du côté rwandais, la délégation pourrait comprendre Mauro De Lorenzo, conseiller principal du Président Paul Kagame, ainsi que le général de brigade Patrick Karuretwa, Directeur général de la coopération militaire internationale du Rwanda.

Du côté congolais, les discussions pourraient notamment compter sur la présence de Patrick Luabeya, envoyé spécial du Président Félix Tshisekedi. Les pourparlers devraient être conduits par des représentants du Conseil de sécurité nationale des États-Unis et du Bureau des affaires africaines du Département d’État.

La Maison-Blanche attribue en grande partie la poursuite des violences dans l’est de la RDC au soutien que le Rwanda apporte au mouvement AFC/M23. Dans ce contexte, des spéculations circulent déjà sur l’éventualité de nouvelles sanctions visant le secteur économique rwandais, si la situation ne connaît pas d’amélioration dans les prochaines semaines.

Parmi les cibles potentielles figureraient certaines banques rwandaises ainsi que Crystal Ventures, la branche commerciale associée au parti du Président Kagame. Selon plusieurs observateurs, ces mesures pourraient être annoncées dès le mois prochain, si les discussions diplomatiques n’aboutissent pas à des avancées concrètes.

Les premières sanctions commencent déjà à produire des effets visibles. Le club rwandais Armée Patriotique Rwandaise Basketball Club a notamment été contraint de se retirer de la saison 2026 de la Basketball Africa League. Toutefois, la RDC n’échappe pas non plus aux critiques. Kinshasa est notamment pointée du doigt après une frappe de drone qui a coûté la vie à un travailleur humanitaire français de UNICEF à Goma ; un incident qui alimente les inquiétudes quant au risque d’une escalade supplémentaire dans la région.

Lundi 16 mars 2026 - 21:53