Par Gloire Balolage
Le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, poursuivi pour détournement présumé de fonds publics, a connu un nouveau rebondissement, ce lundi 4 août, avec un échange tendu entre l’accusé et la Cour de cassation. En réaction à une demande du tribunal concernant la présence d’Adler Kisula, secrétaire exécutif de la CENAREF -Cellule nationale des renseignements financiers-.
«Arrêtez de m’intimider. Je ne suis pas là pour recevoir des menaces. Si vous avez déjà un complot planifié, faites ce que vous voulez», a lancé Constant Mutamba devant les juges.
L'on pouvait lire la colère sur le visage de l’ex-ministre de la Justice. À peine avait-il terminé de prononcer ses mots, qu’il a saisi son cache-nez et l’a remonté sur son visage, signifiant clairement à la Cour qu’il refusait de poursuivre sa déclaration.
Face à cette attitude, le juge a réagi, en précisant : «On ne vous menace pas. C’est une question qui vous est posée. C’est acté que vous n’avez pas de réponse à donner. Vous avez le droit de garder le silence.»
La question posée par la Cour visait à déterminer en quelle qualité Adler Kisula intervenait dans les réunions organisées par Mutamba lorsqu’il était en fonction. Cette interrogation semble avoir été perçue par l’ex-ministre comme une tentative de pression, voire de déstabilisation, dans un dossier politiquement sensible.
L’audience de ce lundi a également été marquée par l’absence de plusieurs témoins clés cités à comparaître. Selon le greffier, ces absences seraient dues au délai trop court de notification de leur convocation. Parmi les personnes appelées à témoigner figure notamment la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, dont la citation aurait été émise sans qu’un accusé de réception ne soit encore enregistré.
Ce procès oppose le Parquet général près la Cour de cassation à Constant Mutamba, soupçonné d’avoir détourné une partie des fonds publics destinés à la construction de la prison centrale de Kisangani, dans la province de la Tshopo.