Par Gabin K.
Théo Ngwabidje, gouverneur du Sud-Kivu, est dans le viseur de 12 députés provinciaux qui, ce vendredi 26 novembre 2021, ont déposé, auprès du Bureau de l'Assemblée provinciale, une motion de défiance à son encontre.
Les 12 députés reprochent au gouv' Ngwabidje de ne s'être pas suffisamment déployé en vue notamment d'éradiquer l'insécurité qui bat son plein dans différents territoires du Sud-Kivu. La province, disent-ils, vit au quotidien au rythme des enlèvements d'enfants, braquages, du phénomène "Corps sans vie", etc.
Outre l'aspect sécuritaire, la motion attaque le gouverneur sud-kivutien sur les plans politique, administratif, économique, financier, minier ainsi que sur le plan infrastructures et patrimoine.
Sur ces différents points, il est reproché au gouv' Ngwabidje de n'avoir pas été à la hauteur de la tâche pour relever les défis du Sud-Kivu.
Conformément aux dispositions du règlement intérieur de l'Assemblée provinciale, le gouverneur sera officiellement saisi de cette énième motion de défiance dans les 72 heures qui suivent son dépôt. Puis, il aura le temps de se présenter devant les élus provinciaux pour se défendre avant bien évidemment de procéder au vote.
Ngwabidje, va-t-il encore résister ?
Sans attendre la défense du gouv' Ngwabidje, ses 12 pourfendeurs mobilisent déjà pour son départ du gouvernorat. C'est ce qu'a entrepris de faire le député Augustin Bulimuntu. L'élu du territoire de Shabunda demande à ses collègues de "ne pas rester indifférents face à cet échec criant du gouvernement provincial, caractérisé par la mauvaise gouvernance, l'opacité, l'incompétence et l'outrage à l'Assemblée provinciale"; et de "voter et d'adopter la présente motion de censure pour le salut du Sud-Kivu".
Les 12 députés vont-ils réussir le coup de renverser le gouvernement de Théo Ngwabidje? La question mérite de se poser, tant l'actuel gouverneur sud-kivutien a déjà résisté, lors de deux dernières sessions parlementaires, à deux motions de défiance, rejetées après vote. Elle mérite encore plus d'être soulevée quand l'on sait que seuls 12 députés ont signé la motion alors que l'Assemblée provinciale en compte 48.