Par Denise Kyalwahi
Julien Paluku Kahongya, ancien gouverneur du Nord-Kivu et actuel ministre congolais du Commerce extérieur, dénonce vigoureusement les récentes déclarations du ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, qu’il qualifie de «mensonges honteux».
Dans une sortie médiatique cette semaine, peu après la signature de l’accord de paix entre la RDC -République démocratique du Congo- et le Rwanda, le chef de la diplomatie rwandaise a réaffirmé la position de Kigali : les combattants des FDLR -Forces Démocratiques de Libération du Rwanda-, présents sur le sol congolais, représentent toujours une «menace existentielle» pour le Rwanda. Il a même affirmé que ces rebelles ne se trouvent pas dans les zones contrôlées par le M23; car, ils auraient été «intégrés dans les rangs de l’Armée congolaise, les FARDC.»
Une affirmation balayée par Julien Paluku, qui y voit une tentative de légitimer la présence de l’Armée rwandaise en RDC et de couvrir, selon lui, l’exploitation illégale des ressources minières congolaises par Kigali. Sur son compte X (ex-Twitter), il interpelle : «La question à poser à Nduhungirehe, qui maîtrise encore peu les réalités des Grands Lacs : l’Armée rwandaise confond-elle vraiment les FDLR à Rubaya et au Sud-Kivu avec les minerais de coltan, de cassitérite, d’or, dont le Rwanda est devenu miraculeusement un grand exportateur ?»
Pour l’ancien gouverneur du Nord-Kivu, le gouvernement rwandais «vit sous perfusion de mensonges honteux», une formule qui illustre l’exaspération de Kinshasa face aux discours de Kigali sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.