Par Gloire Balolage
Au lendemain de l’attaque sanglante ayant coûté la vie à au moins quarante personnes dans une église de Komanda, en Ituri, les réactions continuent de se multiplier dans la classe politique congolaise. Parmi elles, celle de Moïse Katumbi, président du parti Ensemble pour la République et opposant au pouvoir en place, qui a vivement interpellé les autorités de Kinshasa.
Sur son compte X (anciennement Twitter), l’opposant a exprimé sa «profonde douleur» face à ce qu’il qualifie de «massacre d’une barbarie inqualifiable». Les victimes, a-t-il souligné, ont été tuées «lâchement» alors qu’elles participaient à une séance de prière.
«Nous nous inclinons avec une profonde douleur devant la mémoire de nos compatriotes lâchement assassinés à Komanda», a écrit Moïse Katumbi. «Nous présentons nos condoléances aux familles éplorées, à l'église et aux communautés frappées par cette barbarie.»
Derrière ces mots de compassion, Katumbi a surtout lancé un réquisitoire sévère contre le Gouvernement central. Selon lui, cette attaque démontre une fois de plus «l’absence totale du pouvoir de Kinshasa» dans les provinces de l’Est, en dépit de l’état de siège instauré en Ituri.
«Malgré l’état de siège, les ADF et autres groupes armés continuent à semer la mort sans aucune contre-offensive sérieuse», a-t-il dénoncé, accusant les autorités de privilégier «leur maintien au pouvoir pour des fins illicites et égoïstes.»
L’ancien gouverneur du Katanga s’est également fait l’écho des récentes critiques émises par les autorités provinciales d’Ituri, qui ont déploré l’impuissance de l’État à enrayer les violences. Pour Katumbi, le régime en place «a montré ses limites» et «abandonne la population à son triste sort.»
«Il est temps de mettre fin aux atrocités et de rétablir l’autorité de l’État», a-t-il insisté, appelant à un sursaut collectif : «Tenons bon et continuons à nous battre, pour des jours meilleurs.»
Les attaques meurtrières attribuées aux rebelles ADF, affiliés à l’État islamique selon plusieurs sources, se sont multipliées ces dernières années en Ituri et au Nord-Kivu. Malgré l’instauration de l'état de siège depuis mai 2021, la situation sécuritaire reste extrêmement précaire dans cette région.