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Occupation d’Uvira par le M23-AFC et le RDF: Jean-Claude Katende interroge le moral des FARDC et la sincérité du soutien américain

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Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO [photo d’illustration]
Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO [photo d’illustration]

Par Prosper Buhuru

Le président de l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, a réagi à la prise de la ville d’Uvira, le 10 décembre 2025, appelant à une réflexion profonde sur les responsabilités nationales et internationales dans l’évolution de la crise sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo.

Dans une analyse en trois points, il estime d’abord que "le moral des FARDC constitue un facteur déterminant dans la résistance des troupes". Selon lui, même avec des équipements modernes, "des troupes au moral bas, pour une raison ou pour une autre, ne peuvent rien faire". Il invite à interroger les causes profondes de cet essoufflement, qu’il juge préoccupant dans un contexte d’avancées rapides des rebelles du M23-AFC. 

Jean-Claude Katende s’interroge ensuite sur la "sincérité" du soutien américain au processus de paix en RDC. Il rappelle que, lors de l’avancée des éléments rwandais et du M23-AFC vers Walikale, une zone abritant notamment les intérêts américains d’Alphamine, Washington avait exigé leur retrait immédiat.

"Pourquoi ne sont-ils pas capables de demander aux troupes rwandaises d’arrêter la prise d’autres villes congolaises ?", questionne-t-il, estimant que la position américaine semble varier selon ses intérêts stratégiques.

Le président de l’ASADHO évoque enfin l’attitude des autorités congolaises vis-à-vis des États-Unis, craignant une forme de naïveté diplomatique. Il fait le parallèle avec l’époque de Mobutu, lorsque les négociations menées par Nelson Mandela se déroulaient alors que, sur le terrain, les troupes de l’AFDL poursuivaient leur progression.

"L’histoire se répète sous nos yeux, d’une autre manière", affirme-t-il, jugeant "disproportionnés" les espoirs placés par Kinshasa dans la médiation américaine.

Jean-Claude Katende conclut en appelant les citoyens et les dirigeants à la lucidité : "L’émotion est l’ennemi de la réflexion. Nous tournons en rond parce que nous sommes devenus trop émotifs". Un message qu’il présente comme un appel à replacer l’analyse stratégique au cœur de la gestion de la crise dans la région des Grands Lacs.

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Vendredi 12 décembre 2025 - 08:42