Par Serge Mavungu
Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Docteur Samuel Roger Kamba, a fait le point sur l’état d’avancement de la Couverture Santé Universelle (CSU) en République démocratique du Congo (RDC), à l’occasion de la toute première édition de la Conférence annuelle du Service Public, tenue à Kinshasa le 17 décembre 2025.
Portée comme une priorité nationale par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, la CSU vise à garantir un accès équitable à des soins de santé de qualité pour tous les Congolais, sans exposer les ménages à des difficultés financières. Ce dispositif s’appuie sur les principes fondamentaux d’équité, de solidarité et de protection sociale.
Le ministre Roger Kamba a dressé un diagnostic sans complaisance du système de santé avant la mise en œuvre de cette réforme majeure. Il a notamment pointé la faible qualité des soins, le manque de personnel qualifié, la vétusté des infrastructures sanitaires, l’absence de mécanismes de protection financière pour les familles, ainsi qu’une gouvernance sanitaire jugée insuffisante.
Face à ces défis, la Couverture Santé Universelle s’impose comme une réponse stratégique destinée à réduire la morbidité et la mortalité, à augmenter l’espérance de vie et à contribuer au développement socio-économique du pays. À ce jour, l’espérance de vie moyenne en RDC est de 62 ans, soit trois années de moins que la moyenne continentale.
Plusieurs résultats concrets ont déjà été enregistrés depuis le lancement de la réforme. Parmi ceux-ci, la gratuité de la maternité, effective depuis septembre 2023, qui assure la prise en charge gratuite des soins prénatals, des accouchements et des soins postnatals. Cette mesure a déjà bénéficié à plus de 2,6 millions de femmes et de nouveau-nés en une seule année.
Le ministre a aussi mis en lumière les progrès réalisés dans l’amélioration des infrastructures sanitaires, notamment la construction du Centre Hospitalier Universitaire Renaissance à Kinshasa, du Centre Hospitalier Félix Antoine Tshisekedi à Lubumbashi, ainsi que la réhabilitation de plusieurs hôpitaux de référence à travers le pays. Par ailleurs, la coordination institutionnelle a été renforcée grâce à l’opérationnalisation de structures dédiées à la mise en œuvre de la CSU.
Pour assurer la pérennité de cette réforme, le Gouvernement a instauré des mécanismes de financement domestique, parmi lesquels la Taxe de Promotion de la Santé (TPS) sur les importations et l’Assurance Maladie Obligatoire. Ces dispositifs reposent sur une approche solidaire et visent à réduire les paiements directs effectués par les ménages, qui contribuent chaque année à l’appauvrissement de plus de 10 millions de Congolais.
Le ministre Roger Kamba a insisté sur le caractère ambitieux et irréversible de la réforme, rappelant que chaque année supplémentaire d’espérance de vie peut générer une augmentation d’environ 4 % du PIB par habitant. L’objectif affiché est de gagner 20 années d’espérance de vie au cours de la prochaine décennie, grâce à des politiques publiques cohérentes et durables.
Samuel Roger Kamba a réaffirmé la volonté ferme du Gouvernement de poursuivre cette réforme essentielle malgré les difficultés, déclarant : « Ce voyage sera difficile, mais pas impossible. »