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RDC : face à l’escalade sécuritaire dans l’Est, l’ONU prolonge le mandat de la MONUSCO jusqu’en 2026

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Des casques bleus de la Monusco en RDC [photo d’illustration]
Des casques bleus de la Monusco en RDC [photo d’illustration]

Par Prosper Buhuru

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a prorogé, à l’unanimité, ce vendredi 19 décembre 2025, à New York, le mandat de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) pour une durée d’un an, jusqu’au 20 décembre 2026.

Portée par la France, porte-plume du dossier congolais, la résolution intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé dans l’est de la RDC, marqué par l’intensification des violences et l’offensive du M23-AFC, soutenue par le Rwanda, qui contrôle de vastes zones dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Cette situation a pesé lourdement dans la décision du Conseil, alors même que la MONUSCO avait engagé un processus de désengagement progressif, notamment avec son retrait du Sud-Kivu après plus de vingt ans de présence.

Les débats ayant précédé le vote ont mis en lumière des divergences notables entre les principaux acteurs. Les États-Unis ont plaidé pour un rôle plus affirmé de la MONUSCO dans l’appui aux processus de paix de Washington et de Doha ainsi que dans le suivi du cessez-le-feu, tout en pointant explicitement la responsabilité du Rwanda dans le soutien au M23-AFC. À l’inverse, la Chine et la Russie ont insisté sur la neutralité de la mission, se montrant réticentes à toute extension politique ou opérationnelle de son mandat et privilégiant une approche graduelle et technique.

De leur côté, les pays africains membres du Conseil, regroupés au sein de l’A3 Plus, ont défendu le leadership africain dans la gestion de la crise, mettant en avant les efforts de médiation menés par l’Union africaine, la SADC, l’EAC et le Togo. La RDC, pour sa part, a soutenu le renouvellement du mandat, estimant que la présence onusienne demeure nécessaire face à la persistance de l’insécurité, malgré les critiques et le retrait partiel déjà engagé.

Le Secrétariat Général de l’ONU a été chargé de poursuivre les évaluations sur le respect du cessez-le-feu et sur l’adaptation future du mandat de la MONUSCO, alors que le Conseil de sécurité reste partagé entre le soutien politique aux efforts de paix et les désaccords sur l’ampleur du rôle opérationnel de la mission sur le terrain.

Ce renouvellement place ainsi la MONUSCO en première ligne pour accompagner les dynamiques diplomatiques en cours et contribuer à la stabilisation d’un pays confronté à l’une des crises sécuritaires les plus complexes de la région des Grands Lacs.

Vendredi 19 décembre 2025 - 22:21