Par Denise Kyalwahi
La multiplication des accidents nautiques à travers la République démocratique du Congo, ajoutée à la congestion routière quasi permanente dans la capitale, remet au centre du débat public la gouvernance du secteur des transports.
Dans un message publié sur X, le député national Christian Mwando a vivement critiqué le vice-Premier ministre en charge des Transports, des Voies de communication et du Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, qu’il tient pour responsable de cette situation alarmante.
« Combien de vies ont déjà été perdues dans les naufrages depuis l’arrivée de Jean-Pierre Bemba à la tête du ministère des Transports, sans même évoquer la paralysie quotidienne de Kinshasa par les embouteillages ? Jusqu’à quand va durer cette indifférence ? », s’est indigné l’élu, avant d’appeler clairement à sa démission, le qualifiant d’« incompétent ».
Depuis plusieurs mois, le pays est régulièrement frappé par des naufrages meurtriers sur le fleuve Congo, ses affluents ainsi que sur les lacs. Ces tragédies ont causé la mort de centaines de personnes. De nombreux observateurs pointent du doigt la surcharge des embarcations, le non-respect des règles de sécurité, le manque de gilets de sauvetage et la faiblesse des contrôles exercés par les services concernés.
Souvent, ces accidents laissent derrière eux des bilans incomplets, avec de nombreux disparus non identifiés, ce qui nourrit l’indignation de la population et renforce les critiques à l’égard des autorités, accusées de ne pas traduire leurs annonces en actions concrètes.
En parallèle de la crise du transport fluvial, Kinshasa est confrontée à une congestion routière devenue chronique. Les interminables embouteillages ralentissent l’activité économique, perturbent la vie quotidienne des habitants et augmentent considérablement le stress des usagers.
Là aussi, l’absence de mesures efficaces et durables suscite de vives critiques, tant au sein de la classe politique que dans la société civile.
Au-delà de la prise de position tranchée de Christian Mwando, cette polémique met en lumière un malaise plus profond lié à la gestion du secteur des transports en RDC. La responsabilité du ministre en fonction, face à des problèmes structurels anciens, divise les acteurs politiques.
Pour une grande partie de la population, l’essentiel reste ailleurs : renforcer les mécanismes de contrôle, moderniser les infrastructures, sanctionner les infractions et, surtout, prévenir de nouvelles pertes en vies humaines. Pendant ce temps, les naufrages continuent et Kinshasa reste engorgée, accentuant la pression sur le gouvernement et le ministère des Transports.