Par Gloire Balolage
Le parti politique d’opposition ENVOL, dirigé par Delly Sesanga, a réagi à la déclaration du Président de la République, Félix Tshisekedi, annonçant sa disponibilité à l’ouverture d’un dialogue politique interne assorti de conditions préalables. Dans un communiqué rendu public, cette formation politique dit avoir pris connaissance de cette initiative tout en exprimant de sérieuses réserves quant à son contenu et à sa méthodologie.
Tenant compte de la gravité de la situation politique, sécuritaire et humanitaire que traverse la République démocratique du Congo, l’ENVOL estime que l’approche proposée soulève de profondes interrogations sur la sincérité, l’équité et l’utilité réelle d’un dialogue ainsi conçu. Le parti met en cause une démarche qu’il juge unilatérale, susceptible d’altérer l’esprit même d’un dialogue politique authentique.
Selon l’ENVOL, un véritable dialogue politique repose par nature sur la liberté de participation, l’égalité entre les parties et la reconnaissance mutuelle des acteurs. Le subordonner à des conditions fixées par une seule partie reviendrait, d’après le communiqué, à réduire cet exercice à une opération de communication encadrée, loin d’une véritable concertation nationale capable de mettre fin à la guerre et de restaurer la confiance interne.
Tout en réaffirmant son attachement à la Constitution et à l’État de droit, le parti de Delly Sesanga souligne que le respect de l’ordre constitutionnel ne peut servir de fondement à l’exclusion anticipée de voix critiques ou dissidentes. Il rappelle, par ailleurs, que ni la Constitution ni aucune loi de la République n’instituent formellement le dialogue politique ni n’en désignent l’animateur.
Dans un contexte marqué par une crise persistante de confiance politique, un affaiblissement du crédit des institutions, des tensions sociales accrues et des fractures politiques profondes, l’ENVOL estime que la légitimité électorale, aussi essentielle soit-elle, ne saurait à elle seule clore toute discussion nationale. Pour le parti, le vernis institutionnel ne peut masquer l’ampleur de la crise globale que traverse la Nation.
L’ENVOL met également en garde contre des dialogues de circonstance, utilisés comme des outils conjoncturels pour désamorcer des pressions internes ou externes, sans réelle volonté de réforme ni remise en question des pratiques de gouvernance. Le parti avertit que s’enfermer dans une lecture restrictive de la légitimité institutionnelle revient à un déni politique, d’autant plus qu’aucune institution ne peut durablement prospérer sans renouvellement démocratique issu des élections.
Pour être véritablement national et porteur de solutions durables, l’ENVOL estime qu’un dialogue politique interne doit impérativement reposer sur une définition concertée de son cadre, de ses objectifs et de ses modalités, une inclusivité réelle excluant toute mise à l’écart arbitraire, des garanties crédibles d’indépendance dans la facilitation et le suivi, ainsi qu’un engagement clair de mise en œuvre des recommandations issues des travaux.
Le parti considère que la proposition de dialogue politique « sous conditions » ne répond ni aux exigences démocratiques ni aux attentes légitimes du peuple congolais. L’ENVOL se dit toutefois disposé à participer à toute initiative de dialogue sincère, inclusif et équilibré, fondée sur le respect mutuel des acteurs et orientée vers des réformes substantielles, au service de la Nation et non d’intérêts partisans.