Par Prosper Buhuru
Depuis son lieu de détention, l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, a publié une lettre manuscrite adressée au peuple congolais, dans laquelle il exprime sa position sur le dialogue national et inclusif annoncé par le chef de l’État. Dans cette missive de sept pages, il se présente comme une victime du système en place et appelle à un processus véritablement sincère pour restaurer la cohésion nationale.
Mutamba, qui indique avoir été détenu pendant 154 jours pour avoir dit "non au système mafieux et à l’agression rwandaise", souligne que le dialogue national doit être un instrument de rassemblement et non une manœuvre pour diviser ou blanchir le pays au profit d’intérêts étrangers. Il insiste sur le fait que toute initiative républicaine, si elle est sincère, peut contribuer à renforcer l’unité nationale en cette période critique pour la RDC, qui fait face à des tensions liées à l’occupation étrangère de certaines parties du territoire.
L’ex-ministre de la Justice énumère plusieurs conditions à respecter pour garantir la crédibilité du dialogue : des mesures sérieuses de protection politique pour les opposants et leaders d’opinion non armés, des garanties de sécurité pour les exilés et un engagement clair de sincérité et de bonne foi de la part de l’État.
"Ce dialogue ne doit pas être un cadre de partage du pays ou de manipulation des citoyens au profit d’intérêts étrangers", écrit-il.
Mutamba rappelle également que la lutte pacifique est la seule voie pour préserver la vie des Congolais et consolider la stabilité nationale. Il cite l’exemple d’anciens leaders politiques, tels que Fayulu Kabund et Muzito, qui poursuivent leur engagement de manière pacifique, et met en garde contre la tentation de recourir à la violence comme moyen d’expression politique.
Dans sa lettre, Constant Mutamba appelle enfin les peuples congolais et africains à privilégier la paix et la stabilité comme fondements du développement durable, estimant que seule une résistance spirituelle et pacifique permettra de surmonter les injustices et de garantir l’avenir du pays.
Cette déclaration souligne la volonté de l’ex-ministre de Justice de voir émerger un dialogue national véritablement inclusif, fondé sur la justice, la liberté et la réconciliation nationale.