Par Patrick Kitoko
Le ton est monté d’un cran dans la capitale mondiale du cobalt. En mission officielle d’identification et de protection du patrimoine des anciens combattants, le ministre délégué à la Défense nationale en charge des anciens combattants, Éliezer Ntambwe, est arrivé à Kolwezi avec un message ferme, mettre fin à ce qu’il qualifie de « scandale de spoliation foncière ». Au cœur de la controverse, la société minière Rwashi Mining SAS, accusée d’occuper illégalement des terrains appartenant aux anciens combattants.
Selon le ministre, l’entreprise exploiterait du cuivre et du cobalt sur ces espaces sans disposer de titre valide pour les parcelles concernées.
Des accusations graves
D’après les informations recueillies sur place, les terrains en litige feraient partie du patrimoine destiné aux vétérans, acquis dans le cadre de programmes de reconnaissance nationale. Pour Éliezer Ntambwe, il ne s’agit pas d’un simple différend foncier, mais d’une atteinte aux droits de ceux « qui ont servi le drapeau au péril de leur vie ».
“ Le sol et le sous-sol appartiennent à l’État, mais les droits des citoyens doivent être sacrés ”, a-t-il déclaré devant plusieurs représentants locaux et membres d’associations d’anciens combattants.
Face à la gravité des faits allégués, le ministre exige, l’arrêt immédiat des travaux sur les sites litigieux ; la restitution sans condition des terres aux anciens combattants ; l’ouverture d’une enquête parlementaire pour établir les limites exactes des concessions attribuées à Rwashi Mining.
Ces mesures, selon lui, visent à restaurer la dignité des vétérans et à faire toute la lumière sur les conditions d’octroi et d’exploitation des concessions minières dans la région.
Dans une province stratégique pour l’économie nationale, où l’exploitation du cuivre et du cobalt attire de nombreux investisseurs étrangers, l’affaire prend une dimension politique sensible. Pour Éliezer Ntambwe, la question dépasse le cadre local.
“ Peut-on laisser des entreprises étrangères piétiner les droits de ceux qui ont servi le pays ? ”, s’est-il interrogé.
Alors que l’opinion publique attend des clarifications, cette affaire pourrait raviver le débat sur la gouvernance foncière et minière en République Démocratique du Congo, ainsi que sur la protection effective des droits sociaux des anciens combattants.