Par Prosper Buhuru
Le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a déclaré, mercredi 4 mars 2026, à Kinshasa, que les discours évoquant une « mission interminable » pour le Président de la République Félix Tshisekedi relèvent de la flatterie politique, réaffirmant que le chef de l’État dispose d’un mandat constitutionnel qui s’achève en 2028.
Lors d’une conférence de presse, le président de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) a tenu à rappeler qu’en tant que républicain, il s’en tient strictement au cadre légal fixé par la Constitution. Selon lui, les déclarations laissant entendre que le chef de l’État exercerait une mission sans limite dans le temps n’engagent que leurs auteurs.
« Si c’est leur position, c’est leur souhait à eux. Moi je suis républicain, je sais que le Président a un mandat jusqu’en 2028 », a-t-il affirmé, invitant l’opinion à ne pas suivre ce qu’il a qualifié de « courtisans ».
Dans la même intervention, le sénateur a insisté sur le fait que le Président de la République lui-même demeure attaché au respect de la Constitution, qu’il a décrite comme la base légale de toute action en République démocratique du Congo.
Au-delà de la polémique autour de la durée du mandat présidentiel, Modeste Bahati Lukwebo a également livré sa lecture du débat récurrent sur la Constitution. Pour lui, la RDC ne souffre pas d’un problème de textes juridiques, mais plutôt d’un déficit de respect et d’application des lois existantes.
« Quand on aime son chef, on doit lui dire la vérité. Le pays n’a pas un problème de textes, le pays a un problème d’hommes qui doivent appliquer et se conformer aux textes », a-t-il soutenu.
Le leader de l’AFDC-A a, par ailleurs, appelé ceux qui ont des préoccupations sur la Constitution à privilégier le débat institutionnel plutôt que les déclarations médiatiques. Selon lui, les discussions sérieuses doivent se tenir autour d’une table afin d’examiner les arguments de fond.
Dans son argumentaire, il a également tourné en dérision certaines critiques affirmant que la Constitution congolaise serait devenue « vieille » après 17 ans d’existence. Pour lui, ce raisonnement ne repose sur aucune base scientifique.
L’élu a, en outre, pointé les contradictions de certains acteurs politiques qui, après avoir défendu la Constitution « contre vents et marées », la remettent aujourd’hui en cause. Une attitude qui, selon lui, entretient la confusion dans le débat public.
À travers cette sortie médiatique, Modeste Bahati Lukwebo semble vouloir recentrer le débat politique autour du respect strict de l’ordre constitutionnel, tout en rappelant que toute discussion sur l’avenir institutionnel du pays doit s’inscrire dans le cadre légal établi.