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13ème Conférence des Gouverneurs: « 48% d’enfants touchés par la malnutrition en RDC », alerte le ministre Samuel Roger Kamba et appelle à une riposte provinciale urgente

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Le Docteur Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.
Le Docteur Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.

Par Patrick Kitoko

La lutte contre la malnutrition s’impose comme une priorité nationale en République Démocratique du Congo. À l’occasion de la 13ᵉ session de la Conférence des gouverneurs, tenue dans la province du Kwilu, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, a dressé un tableau alarmant de la situation nutritionnelle dans le pays.

Dans son intervention, le ministre a qualifié la malnutrition de « fléau majeur de santé publique et de développement », soulignant son ampleur préoccupante. Selon les données présentées, près de 48 % des enfants congolais souffrent de malnutrition chronique, un chiffre particulièrement élevé qui place la RDC parmi les pays les plus touchés au monde. À cela s’ajoute un taux de 8 % de malnutrition aiguë, nécessitant des réponses d’urgence, ainsi qu’une forte prévalence de carences en micronutriments, aux conséquences souvent invisibles mais graves, notamment pour les enfants et les femmes enceintes.

Le constat est tout aussi inquiétant pour les femmes enceintes, dont environ 20 % sont confrontées à une situation de faim, mettant en danger leur santé et celle de leurs enfants. Le ministre a insisté sur les multiples facteurs à l’origine de cette crise nutritionnelle : insécurité alimentaire, pauvreté, conflits armés, déplacements de populations, pratiques alimentaires inadéquates et accès limité aux soins de santé.

Il a également mis en lumière le lien étroit entre malnutrition et maladies, notamment diarrhéiques et respiratoires, qui contribuent à aggraver l’état de santé des populations les plus vulnérables.

Un accent particulier a été mis sur les 1 000 premiers jours de la vie, période cruciale allant de la conception jusqu’aux deux premières années de l’enfant. Une alimentation inadéquate durant cette phase peut entraîner des dommages irréversibles au développement cérébral, réduisant les capacités cognitives jusqu’à 30 %, avec des conséquences durables sur l’éducation, la productivité et le développement économique du pays.

Au-delà de l’impact sanitaire, la malnutrition constitue également un lourd fardeau économique. Selon les estimations évoquées, la RDC perdrait près de 4,56 % de son produit intérieur brut, soit environ 1,77 milliard de dollars américains, en raison de ce problème.

Face à cette situation, le ministre a plaidé pour une approche multisectorielle et coordonnée, basée sur le concept « One Health » (Une seule santé), intégrant les dimensions humaine, animale, agricole et environnementale. Il a salué l’appui des partenaires techniques et financiers, tels que l’OMS -Organisation mondiale de la santé- et la FAO -Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture- , dans la mise en œuvre de stratégies intégrées.

Le Dr Samuel Roger Kamba a lancé un appel pressant aux gouverneurs de province pour intensifier les actions à l’échelle locale, en tenant compte des réalités spécifiques de chaque région, afin de freiner durablement la progression de la malnutrition en RDC.

Vendredi 27 mars 2026 - 07:07