Par Gloire Balolage
Lors du Ukweli Summit 2026, tenu ce lundi à Kinshasa, le ministre de la Communication et des Médias de la République démocratique du Congo, Patrick Muyaya, a dressé un constat sans détour sur l’état du journalisme dans le pays. Intervenant dans le panel consacré à la loi sur l’accès à l’information, il a insisté sur la nécessité de renforcer la qualité du travail journalistique dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et informationnels. Le ministre a souligné que les insuffisances professionnelles dans le journalisme sont rapidement visibles, contrairement à d’autres secteurs où les erreurs peuvent passer inaperçues plus longtemps. Selon lui, cette réalité impose une exigence accrue de rigueur et de professionnalisme dans le traitement de l’information, particulièrement dans un environnement médiatique de plus en plus exposé.
Patrick Muyaya a également replacé cette problématique dans le contexte actuel de la RDC, marqué par la montée en puissance des réseaux sociaux. Il a estimé que ces facteurs favorisent la circulation de la désinformation, rendant encore plus crucial le rôle des journalistes dans la diffusion d’informations fiables et vérifiées. Face à cette situation, le ministre a insisté sur l’impératif de garantir aux professionnels des médias de bonnes conditions de travail. Il a expliqué que celles-ci sont indispensables pour permettre aux journalistes de produire une information de qualité, répondant aux exigences du moment et contribuant à la sécurité nationale.
Dans un autre registre, Patrick Muyaya a abordé la question des conditions d’accès à la profession, qu’il juge trop laxistes. Il a révélé que le coût du récépissé pour exercer dans le secteur médiatique, fixé auparavant à 15.000 dollars pour une durée de cinq ans, était insuffisant au regard des exigences du métier. Selon lui, cette situation a favorisé une prolifération de structures médiatiques ne répondant pas toujours aux standards attendus. Pour y remédier, il a annoncé une révision significative de ce coût, qui devrait désormais se situer entre 100.000 et 200.000 dollars américains dès cette année. Le ministre a justifié cette hausse par la nécessité d’encadrer davantage l’accès à un métier qui exige un investissement constant. Il a conclu en liant cette réforme à l’amélioration de la qualité des programmes produits, estimant que les difficultés actuelles du secteur trouvent en partie leur origine dans la facilité d’accès à la profession.