Par Serge Mavungu
Dans une réaction publiée, ce lundi 8 juin, sur son compte X, l’opposant politique Seth Kikuni s’est vivement exprimé contre la position de l’Église du Christ au Congo (ECC) concernant le débat sur la réforme constitutionnelle.
Réagissant aux conclusions de la 66ᵉ session extraordinaire de l’institution religieuse, il affirme avoir lu attentivement la déclaration sans parvenir à en dégager une orientation claire, dénonçant ce qu’il considère comme une posture trop prudente face à un enjeu majeur pour l’avenir institutionnel du pays.
Une lecture critique de la déclaration de l’ECC
Seth Kikuni dit ne pas comprendre la position exprimée par l’ECC, estimant que le texte reflète davantage une volonté d’équilibre qu’une prise de position assumée.
"Je n’ai pas compris votre déclaration… plus je lis, plus je suis sidéré. Non pas par la complexité du texte, mais par son absence de courage."
Il revient notamment sur le passage qualifiant les différentes réflexions sur la réforme constitutionnelle de « pertinentes et constructives », une formulation qu’il juge ambiguë dans le contexte actuel.
Selon lui, le débat constitutionnel ne saurait être réduit à une simple confrontation d’idées, mais touche à la stabilité même de l’État de droit.
Un rappel du contexte national
L’ECC est également interpellée dans son rôle historique au cœur des grandes transitions politiques du pays. Sissi Kikuni regrette une posture qu’il estime trop neutre face à une question aussi sensible.
Il élargit son propos au contexte national, marqué selon lui par plusieurs crises simultanées : l’insécurité persistante dans l’Est, les défis sanitaires liés à des épidémies comme Ebola, ainsi que les difficultés sociales touchant de larges couches de la population.
Dans ce contexte, il estime que les priorités des Congolais restent la paix, la sécurité et les conditions de vie, plutôt qu’un débat de institutionnel sur une éventuelle réforme constitutionnelle.
Une interpellation des responsables religieux
S’adressant aux dirigeants de l’ECC, notamment André-Gédéon Bokundoa et Éric Senga, Sissi Kikuni appelle l’institution à une position plus ferme face aux enjeux politiques du moment.
Il estime que le peuple congolais attend avant tout des réponses concrètes à ses difficultés quotidiennes plutôt qu’une ouverture de débat sur les réformes institutionnelles.