Par Prosper Buhuru
L'ancien député national de Goma et cadre du parti ECiDé, Jean-Baptiste Kasekwa, a vivement critiqué le bilan sécuritaire du président Félix Tshisekedi, lors d'un sit-in organisé ce vendredi 12 juin 2026 devant le Palais du Peuple, à Kinshasa, pour dénoncer la proposition de loi référendaire adoptée récemment à l'Assemblée nationale.
Prenant la parole devant les manifestants, Jean-Baptiste Kasekwa a soutenu que le chef de l'État n'avait pas atteint l'objectif qu'il s'était lui-même fixé concernant le rétablissement de la paix dans l'Est de la République démocratique du Congo.
Selon lui, plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continuent d'être affectés par l'insécurité, tandis que les populations civiles restent confrontées aux violences armées. L'ancien élu a notamment évoqué la situation de Bunagana, dont l'occupation atteindra quatre ans le 13 juin 2026, ainsi que les attaques attribuées aux ADF dans les territoires de Beni, Irumu, Mambasa et Lubero.
Pour ce cadre de l'ECiDé, parti dirigé par Martin Fayulu, les difficultés persistantes dans l'Est du pays constituent un argument contre toute perspective d'un troisième mandat présidentiel. Il a estimé qu'une équipe qui n'atteint pas ses objectifs ne devrait pas être reconduite.
Jean-Baptiste Kasekwa s'est également opposé à la proposition de loi référendaire actuellement au centre du débat politique national. Il a appelé les députés favorables à cette initiative à renoncer à leur démarche, estimant que les priorités du pays devraient être orientées vers le rétablissement de la sécurité et la protection des populations affectées par les conflits.
Cette déclaration est intervenue dans le cadre d'un rassemblement organisé par des acteurs de l'opposition opposés à toute réforme susceptible, selon eux, d'ouvrir la voie à une modification de la Constitution. Le débat autour de la loi référendaire continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique congolaise, entre partisans d'une réforme institutionnelle et défenseurs du maintien de l'ordre constitutionnel actuel.