Par Gloire Balolage
L’adéquation entre l’offre d’enseignement supérieur et les besoins du monde du travail s’invite au cœur du débat national. Intervenant dans le cadre de la deuxième édition de la Semaine de l’Étudiant, mercredi, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, s’est prononcé en faveur d’une réforme profonde de l’approche académique en République démocratique du Congo.
Selon lui, l’institution universitaire ne saurait limiter sa mission à la simple délivrance de titres académiques. Il estime en effet que l’enseignement supérieur doit avant tout viser l’acquisition de compétences pratiques, aptes à satisfaire les exigences des entreprises et à apporter des réponses concrètes aux défis environnementaux et sociaux des communautés locales. Pour le ministre, la véritable valeur d’un intellectuel ou d’un économiste réside dans sa capacité à se rendre utile à la collectivité en générant du savoir appliqué.
À travers ce plaidoyer, le ministre de l’Économie nationale ambitionne de transformer l’université congolaise en un moteur d’innovation et un véritable vivier de compétences. L’objectif ultime de cette démarche repose sur une vision pragmatique : former une jeunesse capable de produire, d’innover et de répondre efficacement aux priorités économiques du pays.
Pour étayer son propos, le vice-Premier ministre s’est appuyé sur l’exemple du secteur de la construction dans la capitale. Il a relevé un contraste frappant entre la disponibilité d’une main-d’œuvre abondante à Kinshasa et les difficultés récurrentes éprouvées par les entreprises pour dénicher des profils qualifiés. Cette inadéquation illustre, d’après lui, l’urgence de rapprocher l’université du secteur privé afin que les cursus dispensés collent au plus près aux mutations de l’économie réelle.
Face aux transformations numériques en cours, Daniel Mukoko Samba a également responsabilisé la jeunesse estudiantine. Il a vivement exhorté les étudiants à devancer les lourdeurs institutionnelles en prenant eux-mêmes l’initiative de leur apprentissage, notamment par la maîtrise des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle, sans attendre une mise à jour préalable des programmes académiques.