Par Gloire Balolage
La riposte contre le virus Ebola dans le territoire de Wamba fait face à une double crise : sanitaire et logistique. Alors que les contaminations continuent d’être notifiées dans la province du Haut-Uélé, les équipes médicales sur le terrain se heurtent à de sévères contraintes de réseau qui bloquent leur rémunération et risquent de compromettre les efforts de riposte.
Un peu plus d’un mois après la déclaration officielle de l’épidémie le 10 juillet dernier par le ministère national de la Santé, la situation épidémiologique dans la zone de santé de Bomangambetu s’alourdit. Selon les données communiquées mercredi par le Dr Charles Kongasa, médecin-chef de cette zone de santé, un total de 47 cas contacts a été enregistré.
Parmi eux, 18 cas ont été confirmés positifs au virus Ebola. Le bilan humain déplore déjà 8 décès, tandis que 23 patients sont actuellement sous prise en charge médicale et que 16 autres cas sont en attente des résultats d’analyses de laboratoire.
Cependant, au-delà de la prise en charge clinique, l’urgence sur le terrain se heurte à des obstacles techniques majeurs.
La principale préoccupation des responsables sanitaires repose sur le retard de paiement du personnel engagé dans la riposte. Dans cette région enclavée du nord-est de la RDC, la mauvaise qualité de la couverture téléphonique et de la connexion Internet perturbe gravement les transactions électroniques gérées par les maisons de transfert de monnaie mobile, empêchant ainsi le versement des primes et salaires des agents.
À ces complications administratives et financières s’ajoute un défi socioculturel persistant au sein des communautés. Le Dr Kongasa déplore le non-respect récurrent des directives sanitaires par certaines familles, qui continuent de prendre en charge elles-mêmes leurs malades ou d’organiser des cérémonies mortuaires à domicile sans protocole sécurisé.
Ces pratiques d’isolement familial et de manipulation des corps sapent les efforts des équipes de santé et accentuent le risque d’une propagation incontrôlée du virus dans la région.
Informés la semaine dernière du traitement imminent de leur situation financière, les agents de riposte n’ont toujours pas perçu leurs dus. Une précarité qui fait craindre le pire. Le médecin-chef de zone tire la sonnette d’alarme et plaide auprès des autorités compétentes pour une régularisation rapide. Selon le Dr Charles Kongasa, ce retard impacte directement le moral des équipes et menace de déséquilibrer l’organisation globale du suivi de l’épidémie.