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RDC : un an après, Aimé Molendo Sakombi dévoile les réformes engagées dans les secteurs de l’eau et de l’électricité

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Aimé Molendo Sakombi, ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité en RDC
Aimé Molendo Sakombi, ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité en RDC

Par Prosper Buhuru

Douze mois après son arrivée à la tête du ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi dresse un premier état des lieux de son action. Dans une tribune intitulée « Une année pour poser les fondations », le ministre revient sur les réformes engagées dans deux secteurs essentiels, tout en reconnaissant l’écart considérable entre les ressources dont dispose la RDC et le niveau réel d’accès des populations à l’eau potable et à l’électricité.

Le paradoxe reste particulièrement marqué. Alors que la République démocratique du Congo possède près de la moitié des réserves d’eau douce du continent africain et un potentiel hydroélectrique évalué à 167 000 mégawatts, moins d’un Congolais sur quatre bénéficie de l’électricité. L’accès à l’eau potable demeure également largement insuffisant.

Pour Aimé Molendo Sakombi, cette situation impose de considérer l’eau et l’électricité comme des infrastructures déterminantes pour le développement humain et économique, plutôt que comme de simples services de consommation.

Durant cette première année, le ministère affirme avoir privilégié la structuration du secteur de l’eau parallèlement au lancement de plusieurs projets destinés à améliorer l’approvisionnement des populations.

Une étape institutionnelle majeure a été franchie le 26 décembre 2025 avec l’adoption par le Gouvernement de la Politique nationale du service public de l’eau. Cette réforme vise notamment à clarifier les responsabilités des différents acteurs et à mieux organiser la gestion du service à travers le pays.

Le processus de création de l’Autorité de régulation du service public de l’eau (ARSPE) a également été engagé avec l’accompagnement du projet AGREE de la Banque mondiale.

À Kinshasa, l’accent a été mis sur l’augmentation des capacités de production de la REGIDESO. Le programme approuvé prévoit notamment l’achèvement de deux modules supplémentaires de traitement à l’usine d’Ozone. Leur mise en service devrait porter la capacité de production à 330 000 m³ d’eau par jour et améliorer progressivement la desserte de quelque six millions d’habitants répartis dans dix communes de la capitale.

En provinces, les procédures relatives aux systèmes d’adduction d’eau de Kananga et Tshikapa ont été lancées, tandis que le processus de création des Régies provinciales du service public de l’eau est engagé.

Sur la question des tarifs, le ministre défend une approche qui doit, selon lui, permettre de préserver l’équilibre financier de l’entreprise publique sans aggraver la situation des ménages les plus vulnérables.

Dans le secteur de l’électricité, le ministre met en avant une progression du taux national d’accès, passé de 9 % en 2018 à 21,5 % en 2025. Une évolution qui reste néanmoins très éloignée de l’objectif d’un accès beaucoup plus large à l’énergie.

L’une des priorités affichées a consisté à exploiter les infrastructures déjà construites. En décembre 2025, 16 des 22 centrales rurales achevées mais encore à l’arrêt ont ainsi été remises en service à titre transitoire, dont deux avec l’intervention de la SNEL.

Le Gouvernement a également avancé sur certains grands projets hydroélectriques. La centrale de Kakobola a été inaugurée, tandis qu’un mécanisme de sécurisation financière a été mis en place pour le projet de Katende, dont le financement doit notamment passer par l’Eurobond.

Dans le Grand Katanga, marqué par un déficit énergétique de plus de 2 000 MW dans le Lualaba et le Haut-Katanga, des missions d’évaluation et d’intervention ont été conduites afin d’identifier les besoins prioritaires.

À Kinshasa, un plan d’urgence évalué à 91,89 millions de dollars américains a été engagé avec la SNEL. Il prévoit notamment le raccordement de zones encore privées d’électricité, la réhabilitation du réseau moyenne tension et la sécurisation de sites stratégiques, particulièrement les établissements hospitaliers.

La réforme engagée par le ministère ne se limite pas aux infrastructures physiques. Aimé Sakombi Molendo met également en avant la modernisation des outils de gestion de la SNEL et de la REGIDESO.

La numérisation du traitement des plaintes, le relevé des compteurs à partir de photographies et la cartographie numérique des abonnés figurent parmi les dispositifs développés pour améliorer le suivi des services et la relation avec les usagers.

Ces initiatives s’inscrivent notamment dans le programme B-READY de la Banque mondiale et dans la Stratégie nationale de transformation numérique.

Au terme de cette première année, le ministre présente ainsi son action comme une phase de restructuration et de remise en ordre des deux secteurs. Il assume la nécessité de poursuivre les réformes engagées, tout en affirmant inscrire son action dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi et du Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Pour lui, l’enjeu des prochaines années sera de transformer progressivement le potentiel considérable de la RDC en services effectivement accessibles aux populations, avec pour objectif de faire de l’eau et de l’électricité des piliers du développement national.

Jeudi 13 août 2026 - 08:29