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Suminwa II : le ministre Justin Kalumba présente les avancées et les réformes pour relancer l’industrie en RDC

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Justin Kalumba, ministre de l'Industrie
Justin Kalumba, ministre de l'Industrie

Par Serge Mavungu

À l’occasion de l’exercice de redevabilité du Gouvernement Suminwa II, le ministre de l’Industrie, Justin Kalumba, a présenté les principales actions engagées pour renforcer le secteur industriel et en faire un moteur de la transformation économique de la République démocratique du Congo.

Devant l’enjeu de la dépendance aux importations, le Gouvernement veut favoriser la production locale, la transformation des ressources nationales et la création de valeur ajoutée en RDC. Une orientation qui s’inscrit dans une volonté plus large de construire une industrie capable de répondre aux besoins du marché intérieur tout en se positionnant sur les marchés régionaux et internationaux.

Industrialiser la RDC pour réduire la dépendance aux importations

Justin Kalumba a rappelé que l’industrialisation constitue, selon lui, l’un des principaux leviers du développement économique. La RDC dispose d’importantes ressources naturelles, mais demeure fortement dépendante des produits importés.

Le Gouvernement entend ainsi rompre avec un modèle économique reposant principalement sur l’exportation des matières premières et accélérer leur transformation sur place.

Une enquête nationale réalisée en 2025 sur les unités industrielles doit notamment permettre de disposer d’une meilleure connaissance du tissu industriel congolais. Le ministre a également rappelé qu’en 1960, la RDC comptait environ 9 600 unités industrielles et figurait parmi les pays les plus industrialisés d’Afrique subsaharienne.

Maluku, vitrine de la nouvelle dynamique industrielle

La Zone économique spéciale de Maluku occupe une place centrale dans cette stratégie. Elle accueille actuellement 16 entreprises, dont plusieurs sont déjà opérationnelles.

Parmi les investissements présentés figure celui d’une entreprise ayant engagé 250 millions de dollars pour produire des boissons non alcoolisées et des boissons en canette. Cette production est destinée au marché congolais, mais également à l’exportation.

Pour Justin Kalumba, le développement industriel doit également s’appuyer sur des corridors permettant de relier les zones de production aux principaux axes de transport. Le corridor de Lobito et celui de l’Ouest–Kongo Central sont notamment cités comme des infrastructures stratégiques pour renforcer les échanges et attirer davantage d’investissements.

Le FPI appelé à renforcer le financement de l’industrie

Le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) constitue un autre instrument majeur de cette politique. L’établissement finance actuellement des projets dans 15 provinces, pour un volume dépassant 171 millions de dollars au cours de cette année.

Le FPI accorde des crédits aux entreprises industrielles et peut également prendre des participations dans certains projets structurants.

Le ministre souhaite toutefois que l’établissement accorde une attention accrue au financement des études de faisabilité. Ces études sont considérées comme indispensables pour convaincre les investisseurs et faciliter la mobilisation de financements bancaires, internationaux, bilatéraux ou multilatéraux.

Justin Kalumba a par ailleurs révélé que le FPI détient près de 350 millions de dollars de créances auprès de débiteurs défaillants. Un ultimatum leur a été adressé pour régulariser leur situation, avec la menace de mesures en cas de non-paiement.

Les investissements industriels doivent créer des milliers d’emplois

La relance industrielle est également présentée comme une réponse au défi de l’emploi, particulièrement chez les jeunes.

Selon les données présentées par le ministre, les unités industrielles recensées en 2024 ont généré environ 30 000 emplois.

À Maluku, près de 10 000 emplois directs sont attendus à terme. Trois hectares ont par ailleurs été réservés à la formation professionnelle afin de développer les compétences nécessaires aux besoins des entreprises.

Une entreprise implantée dans la zone prévoit de recruter chaque année 600 jeunes Congolais comme stagiaires. Une centaine d’entre eux pourraient ensuite bénéficier d’un contrat à durée indéterminée.

À Kin-Malebo, où 25 entreprises sont en cours d’installation, les investissements annoncés atteignent 250 millions de dollars et devraient générer jusqu’à 5 000 emplois directs, en plus des emplois indirects.

De nouvelles zones économiques spéciales à l’étude

Le Gouvernement envisage d’étendre le modèle des zones économiques spéciales à d’autres parties du pays.

Une nouvelle zone est notamment envisagée à Moçambique autour de la chaîne de valeur des batteries, des précurseurs de batteries et des véhicules électriques. Deux autres zones se sont également déclarées intéressées par ce modèle.

Le ministre a par ailleurs relevé un changement dans le comportement de certains opérateurs économiques. Des entreprises auparavant tournées vers l’importation investissent désormais dans la transformation locale, notamment à Maluku et à Kin-Malebo. Certaines devraient commencer leur production dans les deux à trois prochains mois.

La jeunesse au cœur de la stratégie industrielle

Avec une population majoritairement jeune, la RDC entend également rapprocher l’industrialisation de la formation et de l’entrepreneuriat.

Justin Kalumba estime que les jeunes, qui représentent entre 60 et 70 % de la population, doivent être placés au centre de cette transformation.

La stratégie prévoit ainsi de renforcer les liens entre formation professionnelle, emploi, entrepreneuriat, écoles techniques et incubateurs. Le ministre plaide également pour l’introduction de l’entrepreneuriat dès l’enseignement primaire, secondaire et universitaire afin de développer plus tôt la culture de l’innovation et de la création d’entreprises.

Industrie et Plan : une coordination renforcée

La mise en œuvre de la politique industrielle s’appuie également sur une collaboration avec le ministère du Plan.

Les projets et politiques sectoriels sont soumis à ce ministère afin d’évaluer leur cohérence avec les orientations nationales de développement et leur compatibilité avec les ressources financières disponibles.

Cette coordination doit permettre d’améliorer la planification des investissements et d’assurer une utilisation plus efficace des ressources publiques.

Les études de faisabilité au centre du financement des grands projets

Pour les projets industriels de grande envergure, Justin Kalumba préconise également le recours à des mécanismes de financement innovants.

Il a notamment cité l’expérience éthiopienne du barrage de la Renaissance, financé en grande partie grâce à la mobilisation de l’État, de la diaspora et des banques nationales.

Le ministre insiste surtout sur l’importance des études de faisabilité, présentées comme une étape indispensable avant le lancement de grands projets. Elles doivent permettre d’évaluer leur viabilité, de mieux les structurer et de faciliter la recherche de financements.

Propriété intellectuelle : protéger les innovations congolaises

La protection de la propriété intellectuelle et industrielle constitue enfin l’un des axes de réforme évoqués par le ministre.

Le Gouvernement entend renforcer les mécanismes permettant de protéger les inventions, les technologies et les innovations développées en RDC, notamment celles issues de la jeunesse.

Justin Kalumba a également insisté sur la maîtrise des règles d’origine, afin de mieux protéger et valoriser les innovations congolaises et de favoriser leur reconnaissance aux niveaux national, régional et international.

À travers ces différentes mesures, le Gouvernement entend poser les bases d’une industrie congolaise davantage tournée vers la production locale, la création d’emplois et la transformation des ressources du pays, avec l’ambition de mieux intégrer la RDC aux chaînes de valeur régionales et mondiales.

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Dimanche 6 septembre 2026 - 19:43