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RDC-Suminwa II: Molendo Sakombi présente les avancées et les perspectives dans les secteurs de l’eau et de l’électricité

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Molendo Sakombi, ministre des Ressources hydrauliques et de l'électricité
Molendo Sakombi, ministre des Ressources hydrauliques et de l'électricité

Par Serge Mavungu

Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Molendo Sakombi, a présenté l’état d’avancement des réformes et des principaux projets engagés dans les secteurs de l’eau potable et de l’électricité. C’était à l’occasion de l’exercice de redevabilité du Gouvernement Suminwa II, au cours duquel il a également exposé les perspectives visant à améliorer l’accès des populations à ces services et à répondre aux besoins énergétiques de l’industrie.

Un potentiel énergétique considérable, mais un accès encore limité

La République démocratique du Congo dispose d’un potentiel hydroélectrique estimé à 167 000 MW. Le fleuve Congo, deuxième fleuve mondial par son débit, constitue à ce titre un atout majeur pour le développement énergétique du pays.

Malgré ces ressources considérables, l’accès à l’électricité reste faible. Selon les données de la Banque mondiale citées par le ministre, seule une personne sur cinq bénéficie actuellement de l’électricité. Dans le secteur de l’eau potable, le taux de couverture serait passé de 8 % en 2019 à 22 % aujourd’hui.

Les besoins restent particulièrement importants. Quelque 78 000 villages doivent encore être électrifiés et le secteur minier accuse un déficit énergétique estimé à environ 2 000 MW.

Kakobola et ANSER : des projets pour accélérer l’électrification

Le ministre a notamment fait le point sur la centrale hydroélectrique de Kakobola, d’une capacité de 10,5 MW. Après la levée des préalables techniques et financiers, le projet a été relancé et la centrale alimente notamment Kikwit, Idiofa et Boma.

Entre 20 000 et 30 000 ménages, soit près de 200 000 personnes, devraient à terme bénéficier de cette infrastructure.

Molendo Sakombi a également présenté le bilan de l’Agence nationale des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER), qui dispose de 65 projets répartis à travers le pays. Sept centrales sont actuellement opérationnelles, notamment à Randanga, Basankusu et Bolombo, avec un impact estimé à environ 700 000 bénéficiaires.

Le Gouvernement mise sur le mix énergétique et le secteur privé

Pour accélérer l’électrification du territoire, le ministère entend s’appuyer sur un mix énergétique associant notamment hydroélectricité, solaire et autres sources renouvelables.

Le recours au secteur privé est également présenté comme indispensable pour mobiliser les investissements nécessaires à l’électrification des 78 000 villages encore non desservis.

L’accès à l’eau potable progresse à Kinshasa et Kamina

Dans le secteur de l’eau, le ministre a annoncé la mise en service des modules 2 et 3 de production d’eau potable à Kinshasa. Ces installations produisent 330 000 m³ d’eau par jour et desservent environ six millions d’habitants dans dix communes de la capitale.

À Kamina, une nouvelle centrale d’eau potable bénéficie directement à environ 230 000 personnes. Molendo Sakombi présente cette réalisation comme une première pour la ville depuis l’indépendance.

Katende, Inga 3 et Zongo : les grands chantiers énergétiques

Plusieurs infrastructures structurantes figurent également parmi les priorités du Gouvernement. À Katende, la première turbine du barrage devrait entrer en service en décembre 2027.

Pour Inga 3, d’une capacité de 11 000 MW, les efforts portent actuellement sur le renforcement de la bancabilité du projet, en vue de permettre la signature des contrats d’achat d’électricité avec les pays membres de la SADC.

Un projet de 2 x 500 MW doit par ailleurs répondre aux besoins du secteur minier, dont 100 MW seront réservés à la population à travers la SNEL.

À Kinshasa, les interventions concernent la réhabilitation du réseau de distribution, la suppression des points noirs et la modernisation des cabines basse tension.

La réhabilitation de la centrale de Zongo doit permettre d’ajouter 75 MW au réseau. Le ministère prévoit également le lancement, l’année prochaine, d’un projet solaire de 100 MW à Maluku.

Le Kwango et l’interconnexion avec l’Angola au programme

Dans le Kwango, le projet de ligne Bukangalonzo-Kenge, évalué entre 22 et 24 millions de dollars américains, figure parmi les priorités annoncées.

Les études de faisabilité de Kakobola 2, d’une capacité de 15 MW, sont également finalisées. Le démarrage des travaux est prévu l’année prochaine. Avec Kakobola 1, les deux centrales devraient porter la capacité énergétique du Kwango à 25 MW.

La RDC travaille également sur un projet d’interconnexion électrique avec l’Angola. Une ligne de 1 450 kilomètres doit relier Malange à Afungirome et permettre à la RDC d’importer jusqu’à 2 000 MW de surplus énergétique disponibles en Angola.

Pioka-Tombe : un projet de 6 450 MW

Le projet hydroélectrique de Pioka-Tombe, d’une capacité de 6 450 MW, a également été évoqué. Adopté en Conseil des ministres, il fait actuellement l’objet d’une actualisation des études réalisées en 1978 par Electroconsult.

Cette phase devrait durer entre trois et six mois avant le lancement du closing financier. La répartition prévisionnelle prévoit notamment 2 000 MW pour le Congo-Brazzaville, 2 000 MW pour le secteur minier et 1 000 MW destinés à Tshikapa et au Kongo-Central.

Tripler l’accès à l’électricité dans les prochaines années

Le Gouvernement ambitionne de tripler le taux d’accès à l’électricité au cours des cinq à dix prochaines années. Pour y parvenir, il entend mobiliser davantage de financements publics et privés.

Selon Molendo Sakombi, une période de 10 à 15 ans sera toutefois nécessaire pour parvenir à une électrification beaucoup plus large du territoire.

La réduction des délestages devra notamment passer par l’assainissement du réseau de la SNEL, l’augmentation de la production nationale et l’intégration progressive des nouvelles infrastructures.

Former les jeunes et renforcer la gouvernance du secteur

Une première cohorte de 500 jeunes a déjà été formée à l’INPP dans les métiers de l’eau et de l’électricité. Le Gouvernement souhaite désormais faciliter leur recrutement au sein de la SNEL, d’ANSER, de la Régie des eaux et des différents projets énergétiques.

Le ministre a également rappelé les risques liés aux constructions sous les pylônes et dans les emprises de la SNEL. Il a insisté sur la nécessité de respecter les procédures légales en matière d’expropriation ou de démolition, avec indemnisation lorsque la loi le prévoit.

Trois priorités pour transformer le secteur

En conclusion, Molendo Sakombi a articulé la stratégie de son ministère autour de trois priorités : améliorer les services à la population, garantir une énergie suffisante à l’industrie minière et créer un environnement favorable aux investisseurs.

Le ministère prévoit notamment l’installation d’unités locales d’assemblage de panneaux solaires ainsi que la construction de trois à cinq centrales photovoltaïques en partenariat avec le ministère de l’Industrie.

Une séance spéciale de redevabilité consacrée au secteur de l’énergie devrait enfin être organisée prochainement avec les responsables de la SNEL, de la Régie des eaux et d’ANSER, ainsi que des lignes téléphoniques ouvertes au public.

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Dimanche 6 septembre 2026 - 19:43