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Nord-Kivu : Jean-Claude Bambanze, président de la société civile de Rutshuru, menacé par le M23

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Pasteur Jean-Claude Bambanze président de la société civile forces vives du territoire de Rutshuru au Nord-Kivu.
Pasteur Jean-Claude Bambanze président de la société civile forces vives du territoire de Rutshuru au Nord-Kivu.

Par Prehoub Urprus

Les menaces de la rébellion du M23 -Mouvement du 23 Mars- contre les acteurs de la société civile et défenseurs des droits de l'homme, deviennent de plus en plus graves au Nord-Kivu. Les plus récentes sont celles proférées contre le président de la société civile de Rutshuru, Jean-Claude Bambanze, après une sortie médiatique sur radio Okapi, dénonçant les tracasseries dont sont victimes les habitants vivant dans les zones occupées par ces insurgés rwandais. Les Forces vives en province s'alignent en un seul homme, pour apporter leur soutien à Jean-Claude Bambanze.

En effet, Jean-Claude Bambanze, alors président de la société civile du territoire de Rutshuru, avait, sur les ondes de la Radio Okapi, en début de la semaine, dénoncé le fait que les rebelles du M23 empêchent la population de récolter ses produits champêtres. Cette version des faits est également confirmée par le CVAR -Collectif des Victimes de l'Agression Rwandaise M23/RDF-.

«Le M23 a laissé la population cultiver dans les champs de Kazaroho et Budapfa, dans le territoire de Rutshuru. Comme nous sommes dans une période de récolte, le M23 est entrain de chercher à empêcher cette population à faire la moisson de ce qu'elle a semé. Nous pensons qu'ils sont entrain de chercher un moyen de nourrir leurs troupes avec les vivres de la population», a confirmé Patient Komayombi, communicateur du CVAR.

Réagissant à cette dénonciation de la société civile, le M23 a, dans une mise au point du 09 janvier dernier, proféré des menaces à l'endroit de Jean-Claude Bambanze. Cette rébellion indique que sa cible (Bambanze) est «extremiste», et sa structure est «utilisée par Kinshasa comme outil de propagande.»

D'ailleurs, le CPPFE -Conseil pour la Protection et la Promotion de la Femme et l'Enfant- souligne que le président de la société civile n'est pas le seul dans le viseur des hommes de Bertrand Bisimwa. «Ces menaces que nous prenons très au sérieux s'ajoutent à celles d'autres, envoyées par message et appels téléphoniques à cet acteur de la société civile, ainsi qu'à deux autres membres du CPPFE dont nous taisons leurs identités, pour raison de sécurité», a signifié Madame Neema Serutoke, coordonnatrice de cette organisation.

Préoccupé par ces menaces contre les acteurs sociaux et défenseurs des droits humains, le bureau de la coordination provinciale de la société civile Forces vives du Nord-Kivu, urge le Président de la République et le gouverneur militaire du Nord-Kivu, à prendre des mesures qui s'imposent, pour assurer la sécurité des installations de cette structure citoyenne et ses acteurs.

Jeudi 11 janvier 2024 - 10:52