Par Gloire Balolage
La situation humanitaire dans les camps et sites de déplacés aux abords de Goma, dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, reste préoccupante et dans un état de chaos. Les organisations humanitaires expriment leur inquiétude face à cette crise sans précédent, touchant plus de 630 000 personnes réparties dans plus de cent sites de déplacés, dépourvus pour la plupart de services sociaux essentiels.
Tjada D’oyen McKenna de Mercy Corps met en lumière la souffrance des femmes déplacées, nombre d'entre elles étant confrontées à la perte de leurs moyens de subsistance après avoir abandonné leurs activités agricoles. Cette situation critique accroît le risque d'insécurité alimentaire, exacerbée par l'envolée des prix sur les marchés, exposant en particulier les femmes et les jeunes filles à des violences sexuelles basées sur le genre.
Le nombre de cas de violences sexuelles basées sur le genre a triplé passant de 40 000 en 2021 à 123 000 en 2023, avec de nombreux actes non rapportés par peur de stigmatisation. Les contraintes sécuritaires limitent l'accès des organisations humanitaires aux déplacés, entravant ainsi l'aide à ces populations vulnérables.
Janti Soeripto, de l'organisation Save the Children, met en avant les risques accrus auxquels sont exposés les enfants déplacés, vivant dans des conditions précaires sans accès à une alimentation adéquate ni à des abris décents, compromettant ainsi leur bien-être et leur sécurité. Malgré la gravité de la situation, la communauté internationale semble peu attentive à la crise humanitaire en RDC.
L'organisation Interaction met en garde contre la gravité de la crise humanitaire actuelle, exhortant à une action diplomatique pour protéger les civils, et promouvoir des solutions durables pour la paix. Les ressources financières nécessaires pour soulager la souffrance des déplacés demeurent largement insuffisantes, seulement 17% des 2,5 milliards de dollars requis ayant été mobilisés à ce jour.