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Nord-Kivu : Les enseignants déplacés menacés de perdre leur boulot s'ils ne regagnent pas leurs milieux d'origine

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Les enseignants de la Force syndicale nationale du Nord-Kivu [photo d'illustration]
Les enseignants de la Force syndicale nationale du Nord-Kivu [photo d'illustration]

Par Prehoub Urprus

À au-moins deux semaines de la rentrée scolaire 2024-2025, les enseignants déplacés venus du territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, subissent une grande pression de la part de leurs gestionnaires, afin de retourner travailler dans leurs milieux d'origine. Ils courent les risques d'être désactivés sur les listings de paie, au motif de désertion.

À titre d'exemple, la coordination sous-provinciale des écoles conventionnées catholiques de Rutshuru a adressé à ses enseignants déplacés des lettres, avec comme objet «votre absence prolongée à l'école.» Dans ces correspondances, cette juridiction ecclésiastique prévient que, si ces enseignants ne se présentent pas à leurs écoles respectives, le jeudi 22 août 2024, ils seront considérés comme des déserteurs.

En revanche, ces professionnels de la craie blanche ayant fui les affres des rebelles de la coalition M23-AFC considèrent cet avertissement comme une menace à leur sécurité.

«Chacun a le droit de s'exiler quand il trouve sa sécurité menacée. Malheureusement, ce gestionnaire ne veut pas comprendre que celui qui a fui, connait ce qu'il a fui. Et s'il se sent que ce qu'il a fui n'est pas encore terminé, je ne vois pas pourquoi il doit être forcé de rentrer dans la zone de l'ennemi pour qu'il soit abattu», explique Julien Sibomana, porte-parole de ces professionnels de la craie blanche en déplacement aux alentours de la ville de Goma.

"En réalité, les enseignants n'ont pas été épargnés par les tueries perpétrées par les rebelles M23-AFC. Depuis leur résurgence, quatre enseignants ont été assassinés par ces combattants de l'Armée rwandaise, seulement dans la chefferie de Bwisha, en territoire de Rutshuru. Plusieurs autres éducateurs ont été victimes des arrestations arbitraires et tortures", a renchéri à Opinion-info.cd son interlocuteur.

Pour ce faire, Julien Sibomana plaide pour l'implication des autorités compétentes, afin de soutenir ces enseignants qui encadrent aussi les enfants déplacés dans leurs milieux de refuge.

«Nous avons saisi les autorités scolaires, en annonçant cette menace, pour qu'elles nous disent si nous avons fui vers le gouvernement et que ce dernier va nous amener encore à revenir dans la zone de l'ennemi», ajoute-t-il.

Pour rappel, la rentrée scolaire 2024-2025 est prévue pour le 02 septembre prochain sur toute l'étendue de la République démocratique du Congo.

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Dimanche 18 août 2024 - 18:55