Par Gloire Balolage
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a lancé un appel à l’unité africaine face à l’épidémie d’Ebola Bundibugyo qui frappe actuellement la République démocratique du Congo et l’Ouganda.
Dans une déclaration faite ce lundi 25 mai 2026 à l’occasion de la réunion de haut niveau des ministres africains de la Santé, le chef de l’État sud-africain, également champion de l’Union africaine pour la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies, a salué l’initiative du CDC Afrique d’avoir convoqué cette rencontre à un moment qu’il a qualifié de critique pour le continent.
Dans son intervention, Cyril Ramaphosa a souligné que l’Afrique est de nouveau confrontée à une dangereuse épidémie d’Ebola, avec un risque sérieux de propagation régionale. Il a insisté sur le fait que l’épidémie évolue dans des zones caractérisées par d’importants mouvements de populations, l’insécurité, des frontières poreuses ainsi que des axes commerciaux très actifs. Selon lui, ces facteurs compliquent davantage les efforts de confinement rapide et rendent urgente une réponse collective coordonnée entre les pays africains.
Le président sud-africain a également rendu hommage aux agents de santé déployés en première ligne dans les zones affectées. Il a salué leur engagement malgré les nombreuses flambées épidémiques auxquelles ils ont déjà dû faire face ces dernières années.
Cyril Ramaphosa a insisté sur la nécessité de protéger leur vie et leurs moyens de subsistance, notamment à travers la disponibilité d’équipements de protection individuelle de qualité, le renforcement du personnel médical et la mise à disposition des outils nécessaires à la prestation de soins de santé efficaces. Le dirigeant sud-africain a félicité le CDC Afrique, dirigé par le Dr Jean Kaseya, pour sa réaction rapide face à cette crise sanitaire.
Il a salué la stratégie continentale mise en œuvre par l’institution, notamment la mobilisation immédiate des pays touchés, la coordination de la préparation régionale ainsi que la collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé à travers l’équipe conjointe de gestion des incidents. Il a également félicité les gouvernements de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud pour leur esprit de coopération lors de la réunion ministérielle de Kampala.
Selon Cyril Ramaphosa, la situation demeure toutefois très préoccupante avec une transmission continue de la maladie en RDC, des cas confirmés en Ouganda et des risques accrus pour plusieurs pays voisins.
Il a révélé que plus de 200 personnes ont déjà perdu la vie depuis le début de l’épidémie. Le CDC Afrique considère cette flambée comme la deuxième plus importante épidémie d’Ebola après celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest en 2014.
Le président sud-africain a également évoqué les efforts en cours pour développer des vaccins et des traitements contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin ni traitement n’existait au début de cette épidémie. Il a indiqué que plusieurs organisations internationales, notamment GAVI, CEPI et UNITAID, travaillent activement avec le CDC Afrique et l’Organisation mondiale de la Santé au développement de solutions médicales prometteuses devant faire l’objet d’essais cliniques. Il a appelé les partenaires internationaux à accélérer la recherche, à renforcer la surveillance génomique et à garantir un accès équitable aux vaccins et traitements.
Au cours de cette réunion de Kampala, les États africains se sont accordés sur un plan continental de préparation et de riposte estimé à environ 319 millions de dollars américains pour la période allant de juin à novembre 2026. Ce plan vise à soutenir la lutte contre l’épidémie dans les pays déjà touchés tout en renforçant les capacités de préparation dans au moins dix États membres considérés comme à haut risque.
Cyril Ramaphosa a souligné que les pays africains ont déjà pris des engagements financiers représentant environ dix pour cent des besoins nécessaires, preuve selon lui de la volonté du continent d’assumer sa responsabilité face à cette crise.
Dans ce cadre, le gouvernement sud-africain a annoncé une contribution initiale de cinq millions de dollars américains au CDC Afrique afin de soutenir la riposte continentale contre Ebola.
Le président sud-africain a également salué l’implication de plusieurs personnalités africaines du monde des affaires, notamment Aliko Dangote, le professeur Benedict Oramah, le Dr George Elombi et Simon Tiemtoré.
Enfin, Cyril Ramaphosa a rappelé que les peuples de la RDC, de l’Ouganda et des autres pays menacés ne sont pas seuls, affirmant que l’Afrique reste mobilisée à leurs côtés face à cette crise sanitaire majeure.