Par Prehoub Urprus
La persistance des violences dans l’est de la RDC -République démocratique du Congo- continue d’aggraver la crise alimentaire. Selon les dernières projections publiées par le système d’analyse IPC -Integrated Food Security-, environ 27,7 millions de personnes, soit 24 % de la population analysée, seront confrontées à une insécurité alimentaire aiguë (phase 3 ou plus) entre janvier et juin 2025. Parmi elles, 3,9 millions sont en situation d’urgence (phase 4), tandis que plus de 23,8 millions se trouvent en situation de crise (phase 3).
Les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika figurent parmi les zones les plus affectées. Plus de 10,3 millions de personnes y sont concernées, dont 7,9 millions en phase 3 et 2,3 millions en phase 4.
L’IPC note également une baisse du nombre de sites de personnes déplacées internes. 14 sites ont été analysés en février 2025, contre 20 en septembre 2024. Cette diminution s'explique par la fermeture forcée de six sites à Goma, Nyiragongo, Masisi et Rutshuru, au Nord-Kivu, ainsi qu’à Kalehe et Uvira, au Sud-Kivu, à la suite de l’intensification du conflit. Tous les sites des déplacés au Nord-Kivu, notamment aux alentours de Goma sont désormais complètement vidés.
En février 2025, 32 % des personnes déplacées vivaient encore dans des camps. Toutefois, les mouvements de retour ont fortement augmenté. "Près de la moitié des déplacés sont retournés dans leurs villages d’origine, contre seulement 11 % lors de la précédente évaluation", indique le rapport.
Sur les 3,7 millions de déplacés internes analysés, plus de 2,2 millions sont en situation d’insécurité alimentaire sévère (phase 3 ou plus), dont 738.000 en phase 4. Selon les données de la CMP -Commission des mouvements de population-, la RDC comptait plus de 7,8 millions de déplacés internes en janvier 2025, pour la plupart hébergés dans des familles d’accueil, majoritairement à l’est du pays.