Par Prehoub Urprus
Dans une série de publications au ton incisif, Jean Bamanisa Saidi, promoteur d’Expo Béton, tire à boulets rouges sur la gestion des travaux de voirie à Kinshasa. Il accuse ouvertement les décideurs publics de perpétuer un cycle d’échecs entretenu par une mauvaise gouvernance et une logique de profit immédiat.
"Les experts le disent, les ingénieurs le répètent, mais les décideurs s’en tiennent à leur doctrine : on refait pour dire qu’on a fait", écrit-il dans une tribune relayée ce dimanche. Une manière ironique de pointer l’absurdité d’investissements massifs dans des travaux qui se répètent sans résoudre les problèmes structurels.
Selon lui, la capitale congolaise est devenue le symbole d’une urbanisation mal pensée, où chaque chantier semble justifier sa propre récurrence. "Kinshasa, capitale des travaux éternels", résume-t-il avec mordant.
Bamanisa va plus loin, dénonçant une chaîne de sous-traitance "bien huilée", où chaque nids-de-poule, chaque affaissement, devient prétexte à de nouveaux contrats. "Pourquoi changer une méthode qui échoue si bien ?", interroge-t-il avec sarcasme, soulignant une collusion d’intérêts entre prestataires et décideurs.
L’ancien gouverneur de la province orientale ne mâche pas ses mots : "À Kinshasa, on ne résout rien. On injecte des milliards dans l’asphalte comme on administre des calmants à un malade chronique." Il appelle à une réforme en profondeur de la politique d’urbanisme et de gestion des infrastructures.
Cette sortie critique, largement relayée sur les réseaux sociaux, relance le débat sur la transparence, la qualité et la durabilité des investissements publics dans la capitale congolaise.