Par Prehoub Urprus
À Mambasa, dans la province de l’Ituri, la tension monte dans les studios de la radio communautaire Nia-Nia Amkeni. Esdras Kaghoma, son directeur, fait désormais l’objet de menaces explicites, après la diffusion d’une interview jugée sensible. En cause : des propos tenus par l’évêque Sosthène Ayikuli sur la crise qui secoue le diocèse de Wamba, depuis la nomination controversée de Mgr Emmanuel Ngonda, début 2024.
Le 26 mai, Dido Mungwanangu, présenté comme responsable local du CALCC -Conseil apostolique des laïcs catholiques du Congo-, a fait irruption dans les locaux de la station. Visiblement remonté, il a intimé à l’équipe de ne plus jamais évoquer les affaires du diocèse, s’en prenant personnellement à Esdras Kaghoma pour avoir donné la parole à l’administrateur apostolique lors du journal parlé du 23 mai.
L'affaire ne s’est pas arrêtée là : Esdras Kaghoma a saisi l’ANR -Agence nationale de renseignements- et déposé une plainte officielle contre son agresseur présumé.
L’OLPA -Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique-, déjà en alerte sur les conditions de travail des journalistes dans l’Est de la RDC, n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué, l'organisation tire la sonnette d’alarme. Elle dénonce des intimidations qui menacent non seulement un homme, mais tout un principe : celui de l’accès libre à l’information, inscrit dans la loi congolaise et défendu par les textes internationaux.
OLPA exhorte les autorités locales à agir sans tarder, pour garantir la sécurité de Esdras Kaghoma et de ses confrères. Car, dans une région aussi fragile, faire taire un média revient à éteindre une lueur dans l’obscurité.