Par la Rédaction
L’organisation de défense des droits humains Mwanamuke Ana Weza a exprimé, mardi, sa profonde inquiétude face à l’escalade des violences et des graves violations des droits humains perpétrées en territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, entre le 10 et le 29 septembre 2025.
Dans un communiqué, l’ONG affirme avoir documenté plusieurs exactions attribuées aux éléments du M23-AFC-RDF et à certains services associés. Ces violences incluent des exécutions sommaires de civils, des enlèvements arbitraires, des violences sexuelles contre des femmes, des pillages et incendies de villages, des actes de torture, ainsi que l’assassinat ciblé de notables locaux. Parmi les victimes, figurent notamment deux civils tués à Kashuga le 10 septembre, trois cultivateurs enlevés à Kitshanga le 21 septembre, trois femmes victimes de violences sexuelles le même jour, et le notable Bauma Bataana, alias Baba Kilos, assassiné le 29 septembre à Piki.
Face à cette situation jugée alarmante, Mwanamuke Ana Weza appelle l’État congolais à accélérer le processus de paix et à restaurer l’autorité de l’État afin d’assurer une protection effective des civils. L’ONG demande également l’ouverture d’enquêtes judiciaires indépendantes pour identifier les auteurs de ces crimes et les traduire en justice, tout en luttant contre la complicité de certains services de sécurité dans ces violations.
L’organisation sollicite aussi l’implication de la communauté internationale, notamment l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne, pour accroître la pression diplomatique et adopter des sanctions ciblées contre les responsables. Elle plaide pour un renforcement des enquêtes internationales et une augmentation de l’assistance humanitaire destinée aux populations déplacées et victimes de violences.
À l’endroit de la MONUSCO, l’ONG recommande un déploiement accru dans les zones les plus affectées ainsi qu’un appui direct aux autorités locales pour sécuriser les sites humanitaires et les villages menacés. Elle exhorte enfin les organisations de défense des droits humains à intensifier leur plaidoyer, à publier des rapports réguliers et à soutenir les acteurs locaux exposés à de graves risques.
« La protection de la population civile est une obligation légale et morale. Des actions urgentes et concrètes doivent être menées pour mettre fin à l’impunité et restaurer la dignité des victimes de Masisi », a déclaré la coordinatrice de l’ONG, Dr Angélique Niyibizi Barame.