Par Denise Kyalwahi
Quelques jours après l’attaque meurtrière du Centre de santé de Byambwe, dans la zone de santé de Biena, l’inquiétude demeure vive. Le personnel soignant, profondément touché par l’incursion des rebelles présumés ADF, redoute de reprendre ses activités.
Dans un entretien accordé à Moto TV, une source sanitaire locale qui a requis l’anonymat témoigne du traumatisme persistant au sein de l’équipe médicale. « Nous sommes encore dans la phase aiguë. Le personnel est traumatisé. Quand on essaie de parler avec certains infirmiers, même au téléphone, on sent qu’ils sont encore sous le choc. Ils nécessitent un suivi psychologique », confie-t-elle.
Cette paralysie des services médicaux plonge la population dans l’angoisse. Les habitants de Byambwe, une grande agglomération dont la structure de santé dessert quatre aires de santé et plusieurs villages environnants, craignent désormais un grave déficit de prise en charge.
« Il y a une grande inquiétude. Avec l’arrêt des activités au centre de santé, les habitants risquent de manquer totalement d’assistance médicale. Ceux qui sont restés sur place ne savent pas comment ils seront soignés », poursuit la même source.
Faute de soins, les malades sont contraints de parcourir une longue distance pour atteindre l’Hôpital général de référence. D’autres, par contre, préfèrent se rendre à Butembo. Une situation qui risque d’entraîner une hausse des cas de décès dans la communauté.
Pour rappel, au moins 20 civils ont été tués dans une attaque attribuée aux présumés rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Cette attaque a ciblé le centre de santé de Byambwe, une localité du groupement Manzia située à 64 km à l’ouest de la ville de Butembo, sur l’axe Mangurejipa. Parmi les victimes, au moins 15 patients et leurs gardes ont été tués sur leurs lits d’hôpital.