Par Denise Kyalwahi
Le cimetière de Kimbangu, situé en plein cœur du quartier résidentiel de Bungulu à Beni, offre aujourd’hui un spectacle alarmant. Envahi par les herbes hautes, jonché de déchets ménagers et méconnaissables à certains endroits, ce lieu de repos éternel est assimilé à une brousse ou à une décharge publique. Plusieurs habitants des environs y jette leurs ordures, faute de suivi et d’encadrement, contribuant ainsi à la dégradation avancée du site.
Un lieu de mémoire négligé par les autorités
Le samedi 29 novembre, lors d’une journée de salubrité initiée sur le site, le mouvement citoyen Véranda Mutsanga a haussé le ton. Par la voix de son coordonnateur, Mastor Kalebu, le mouvement a dénoncé la négligence des autorités urbaines, accusées d’encaisser régulièrement les taxes d’inhumation sans pour autant assurer l’assainissement des cimetières.
Au-delà de l’aspect moral, Mastor Kalebu a mis en garde contre un risque sécuritaire croissant. La végétation dense et l’abandon du site pourraient offrir un refuge idéal à des personnes mal intentionnées, dans un contexte où la ville de Beni fait déjà face à une insécurité persistante.
« Ce lieu ne mérite pas cet état. Les autorités perçoivent les taxes, mais rien n’est fait pour l’entretien. C’est irresponsable et dangereux pour la sécurité de tous », a-t-il déploré.
Mobiliser la communauté pour préserver un patrimoine sacré demeure la responsabilité de tout compatriote congolais.
Face à cette situation, la Véranda Mutsanga appelle à une prise de conscience collective. Le mouvement invite tant les autorités que les familles ayant des proches inhumés sur place à s’impliquer pour restaurer la dignité du site et préserver ce patrimoine commun.
« Entretenir les tombes de nos proches, c’est préserver leur mémoire et rendre digne un lieu qui appartient à toute la communauté », a rappelé Mastor Kalebu.
La réhabilitation du cimetière Kimbangu apparaît désormais comme une urgence morale, sécuritaire et communautaire. Elle nécessite une mobilisation conjointe des autorités locales, des organisations citoyennes et des habitants, afin de redonner à ce lieu sacré le respect qu’il mérite.